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Concernant saint Majanus ou Mevennus, abbé en Bretagne armoricaine

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Tiré des : Acta Sanctorum, juin IV (21 juin), pp. 87 sqq. — traduit du latin : le commentaire bollandiste, la Vie telle qu’imprimée d’après Albert le Grand, et les notes éditoriales ; suivi du début du commentaire sur saint Leutfred, lequel s’interrompt.

Commentaire préliminaire #

§1. De son culte, et de sa vie écrite par divers auteurs non anciens.

Le très éminent cardinal Baronius, interrogé sur la raison pour laquelle il avait si peu écrit des affaires d’Espagne dans ses célèbres Annales, aurait répondu que, n’ayant pas dessein d’écrire quoi que ce soit de sa propre invention, mais seulement de recueillir et d’illustrer ce qui se trouve écrit par des auteurs compétents, il ne pouvait rapporter grand-chose de choses dont il n’avait trouvé que peu ou rien de transmis dans les écrits anciens. Que cette sage réponse de ce très éminent et savant historien soit tenue présente à l’esprit chaque fois que nous devons traiter des saints armoricains — en exceptant toujours saint Yves. Car un peuple formé dès l’origine par ses apôtres aux grandes vertus plutôt qu’aux lettres, et enseigné à imiter les vertus des saints plutôt qu’à les écrire pour que d’autres les imitent, n’a laissé à la postérité presque rien de ses saints, sinon la renommée de leur sainteté et leur vénération. Ceux qui succédèrent à leurs ancêtres, quelques siècles plus tard — excités par l’exemple des autres nations — entreprirent de publier par écrit les vies de leurs saints nationaux ; mais comme elles étaient rapportées au peuple grossier par une tradition obscure et à peine cohérente, ils produisirent beaucoup de choses exposées à une pieuse censure.

§2. Albert le Grand, de l’ordre des Prêcheurs, qui recueillit en un volume les vies des saints bretons, les tira de monuments de cette sorte et y ajouta des circonstances vraisemblablement imaginées et mieux appropriées, du moins quant à la manière de parler, à notre propre temps. Il fut suivi en cela par maître Pierre Viel, docteur en sainte théologie, par l’entremise duquel le très révérend père Roland de Neufville, évêque de Léon, fit mettre par écrit la vie de saint Mainus d’après d’anciens manuscrits ; et de même Antonio Yepes, qui dans les Annales bénédictines — publiées d’abord en portugais puis rendues en latin par le R.P. Thomas Weis, moine de Neresheim — décrivit la vie du saint en de nombreux chapitres. Si l’on considère ce qui appartient proprement à saint Mainus et lui est particulier, tous s’accordent en la plupart des choses ; mais dans l’ordre et la manière de raconter, ils diffèrent grandement les uns des autres, tandis qu’ils étendent parfois le récit de pieuses admonitions et d’explications catéchétiques interposées, telles que le saint aurait pu les proposer à ceux à qui il annonçait la foi — et pour cette raison et d’autres il n’a pas paru expédient de reproduire ici les textes des différents auteurs, puisqu’aucun n’est d’un tel poids que l’on puisse en établir quelque chose de certain, et que tous furent tirés des mêmes monuments dont usait Albert. Car il affirme avoir recueilli la vie dans les anciens bréviaires de Léon et de Mador, et dans un propre des saints de l’église de Rennes ; lesquels, bien qu’ils ne soient pas d’autorité certaine, mériteraient, si nous les avions, d’être lus dans les Acta Sanctorum, faute de documents plus sûrs — afin que le lecteur curieux sache quels sont les plus anciens monuments de ce saint jusqu’ici découverts. Mais puisque le susdit Albert a écrit le dernier après les autres, j’estime que rien n’a été omis par lui de ce qui pouvait être dit à la gloire du saint ; et c’est pourquoi nous nous contenterons de son récit, en tirant cependant des autres certaines observations là où il semble convenable ou nécessaire pour l’explication.

§3. Avant toutes choses, il est établi par les susdits monuments que ce saint doit être vénéré de l’honneur dû aux bienheureux, et qu’il l’a toujours été. Car ces trois écrivains de sa vie témoignent que le monastère bâti par lui et dédié à Dieu en l’honneur de saint Jean le Précurseur reçut dans les temps postérieurs son nom de son fondateur — parce que sa fête y est célébrée comme celle de son principal patron. Ils témoignent aussi du concours des pèlerins à son église et à la fontaine que le saint aurait miraculeusement fait jaillir, dans l’espérance d’obtenir par son intercession la guérison des maladies. Albert confirme pareillement le culte par le fait que ses reliques, déposées dans un tombeau honorable aussitôt après sa mort, furent secrètement enlevées par les moines vers un lieu plus sûr, par crainte des Normands et des Danois qui ravageaient la Bretagne — chose qui n’a point coutume de se faire sinon pour les corps des saints.

§4. De sa fête, de sa célébration en des jours différents, et sous des noms différents.

Je trouve sa fête célébrée en ce vingt et un juin, et le quinze du même mois — comme nous l’avons dit plus haut parmi ceux passés sous silence. Le calendrier de Dol et de Saint-Malo, revu par Jean du Bec évêque de Saint-Malo en l’année 1603, conserve sa mémoire au vingt et un. Ménard, dans le Martyrologe bénédictin, le rapporte au quinze en ces termes : « En la petite Bretagne, saint Mainus abbé, qui convertit beaucoup à la foi. » Dorganius le suit dans le calendrier imprimé à Saint-Malo en 1622, ajoutant aux paroles de Ménard : « et illustre de sainteté, il s’en alla vers le Seigneur. » Au même jour la vie de saint Mainus est comprise parmi celles publiées en français par Renatus Benedictus. Antonio Yepes dans les Annales dit qu’il rendit l’esprit le dix-sept des calendes de juillet [15 juin] — contrairement à Albert le Grand, qui dit que le saint rendit son âme au Créateur le vingt et un juin. Chacun fut conduit, je crois, par le fait de trouver la mémoire du saint à ce jour dans les écrits qu’il employait ; et il se peut que pour quelque raison qui nous est inconnue il ait eu un culte aux deux jours — tout comme il a reçu des noms différents chez les auteurs latins : car les Bretons l’appellent saint Meen ou Mein, tandis que certains écrivains latins l’appellent Majanus ou Mainus ou Conanidus, et d’autres Mavennus ou Mevennus. Quand Saussaye le découvrit, estimant qu’il n’était pas besoin de plus ample enquête, il inscrivit saint Mainus au quinze dans son Martyrologe gallican et saint Meventius au vingt et un, donnant à chacun un éloge différent — lequel n’appartient proprement à ces saints que dans la mesure où il est commun à plusieurs. Bucelin dans la Ménologie bénédictine, suivant en partie Saussaye, assigne le quinze à la fête de saint Mainus, contractant en un seul éloge les principaux actes écrits de ce saint ; mais au vingt et un, ne trouvant rien de Mevennus ailleurs, il prit l’éloge à Saussaye : « En Armorique, saint Mevennus abbé, qui, souverain contempteur des choses humaines, moqueur de lui-même, fuyant l’honneur et ennemi de sa propre chair, s’efforça de plaire à Dieu seul, et lui rendit ainsi le pur service du cœur et de l’œuvre durant tout le cours de sa vie. »

§5. Que Majanus fleurit au sixième siècle, et qu’il n’était ni évêque de Nantes ni bénédictin.

Tous disent qu’il fleurit environ le sixième siècle du Christ sous Alain Ier de ce nom, roi de la Bretagne armoricaine, duquel d’Argentré écrit au livre 1, chapitre 29, p. 108 : « Bien que le roi Alain ait été très ruineux pour son pays, affligé des guerres galliques, le siècle fut heureux en ceci — qu’en nul temps tant d’hommes saints ne fleurirent, tant indigènes qu’étrangers chassés de la Grande-Bretagne par les Anglo-Saxons… parmi eux étaient saint Samson, archevêque d’York, de naissance noble ; saint Maglorius fils de sa sœur ; saint Paul ; saint Mainus ; saint Malo ; saint Brieuc ; saint Colomban — lesquels furent ensuite consacrés évêques, c’est pourquoi certains évêchés sont appelés de leurs noms jusqu’à ce jour. » Peut-être trompé par cela, Belforest ajoute saint Mainus aux évêques de Nantes — ce que Yepes réfute à la p. 242. Il n’y a pas de doute que Belforest s’est égaré. Car beaucoup d’historiens français ont employé leur plume à exposer les gestes de ce serviteur de Dieu ; desquels Robert Cenalis et Bertrand d’Argentré composèrent le vœu des évêques de Nantes, passant sous silence saint Mainus — dont la vie est aussi diligemment rapportée par Roland de Neufville, qui pourtant ne met pas sur lui la mitre de l’église de Nantes : il nous faudrait l’accuser de négligence s’il avait ignoré, ou dissimulé, son épiscopat. Outre d’autres auteurs, l’ordre de saint Benoît lui-même le compta seulement comme abbé, et ne le plaça jamais parmi les évêques. Mais pour quelles raisons Yepes l’a-t-il compté parmi les Bénédictins, je ne le vois pas — surtout s’il vint de la Grande-Bretagne en Armorique, chassé par les Anglo-Saxons. Car il n’y avait pas de Bénédictins en Angleterre avant le temps des Anglo-Saxons — ils y entrèrent d’abord avec saint Augustin ; et je ne le trouve pas non plus compté parmi les Bénédictins chez Mabillon — à moins que Yepes ne l’ait associé aux Bénédictins parce que ses successeurs dans le monastère se soumirent à la règle de saint Benoît.

La Vie #

D’après le français d’Albert le Grand, de l’ordre des Prêcheurs.

1. Élevé pieusement par ses parents. Saint Majanus naquit dans la province de Cambrie, appelée le pays de Galles du Sud, dans l’île de Bretagne. Ses parents habitaient une certaine région nommée Venta, dans la ville d’Orc[h]a, et étaient proches parents de saint Samson, archevêque d’York en Angleterre et ensuite de Dol en Armorique. Ceux-ci, avec une pieuse sollicitude, élevèrent leur fils dès l’enfance, lui apprenant, encore tout tendre, à prier Dieu — vers quoi il était déjà incliné de son propre mouvement. Son enfance passée, il fut donné aux écoles, où il s’appliqua si bien aux lettres et à la vertu qu’il surpassa de loin ses compagnons — ne se préférant pourtant à aucun, ni ne recherchant l’estime des hommes, étant bien fondé dans l’humilité.

2. Il fuit vers son oncle l’évêque, est fait moine et prêtre, et passe en Armorique. Quittant les écoles, il revint à la maison ; et ses parents espéraient jouir de sa plus douce compagnie et qu’il prendrait part au soin du ménage. Mais le saint, appelé par Dieu et aspirant à un plus haut degré de perfection, implora l’aide de Dieu pour le conduire dans la voie du salut ; et ainsi, se retirant en secret de ses parents, il alla vers son oncle saint Samson d’York, par lequel il fut reçu très benoîtement. Car l’évêque savait qu’il était conduit par le Saint-Esprit, et qu’il serait un jour père de moines qui travailleraient vigoureusement dans la vigne du Seigneur. Il demeura quelque temps dans le monastère en habit séculier, recevant la doctrine de son oncle et servant les frères, jusqu’à ce qu’il eût fait la preuve de sa vertu, de sa patience, de sa dévotion et de sa persévérance. Alors il reçut l’habit religieux de saint Samson, et se lia par des vœux plus saints. Et lorsque son progrès dans la vertu fut manifeste aux yeux de tous, il fut élevé à la prêtrise, ayant dûment reçu les ordres sacrés.

3. Peu de temps après, saint Samson, invité par le Seigneur à passer en Armorique, se choisit des compagnons religieux qu’il jugea les plus propres à la conversion des âmes — duquel heureux nombre saint Majanus était l’un. Ayant traversé le détroit, ils abordèrent sur les côtes d’Armorique, où saint Samson, ayant opéré certains miracles, émut les habitants d’étonnement et du désir de l’avoir : il excita une telle bienveillance envers lui-même qu’ils l’aidèrent avec empressement à bâtir un monastère pour lui et ses compagnons dans la ville de Kerfeunteun, aujourd’hui appelée Landmeur, à deux lieues de Morlaix. Là, fixant sa demeure avec ses disciples, il se donna à la prière et aux exercices sacrés ; il prêchait aussi, instruisant les habitants et catéchisant ceux qui affluaient à lui par troupes. Mais Dieu, pour magnifier sa gloire, augmenta les travaux de saint Samson dans la conversion des âmes, et ordonna ainsi que tous les évêques de Bretagne le choisissent pour leur archevêque, lui conférant sur eux la même autorité qu’il avait eue sur ses suffragants lorsqu’il tenait l’archevêché d’York dans l’île de Bretagne. Alors il établit saint Maglorius sur le monastère de Kerfeunteun comme abbé, persévérant lui-même à prêcher la céleste doctrine aux peuples d’alentour.

4. Envoyé pour répandre la foi. Peu après, saint Samson — jugeant son disciple Majanus propre à gagner des âmes — prit conseil des frères et le renvoya, lui donnant sa bénédiction, et lui joignit certains frères pour compagnie, et lui accorda une autorité compétente d’abbé : d’accepter des monastères partout où ils lui seraient offerts, et de recevoir des religieux dans l’ordre. Majanus donc, faisant ses adieux aux frères, se mit en chemin avec les compagnons qui lui avaient été assignés ; et cheminant par le pays il parvint à la terre du seigneur de Gael, homme bien catholique, charitable et religieux — qui, venant à leur rencontre et échangeant des salutations, les pria d’entrer dans sa maison et de restaurer leurs forces par le repos et la nourriture. Majanus, rendant grâces de sa bonté, accepta ce qui lui était offert ; et entrant dans la maison il y séjourna quelques jours.

5. Il commence à bâtir un monastère, et dans la disette d’eau fait jaillir une source miraculeuse. Au milieu des entretiens spirituels qu’ils tinrent tout ce temps-là, le seigneur de Gael fut tellement embrasé de l’amour de Dieu et du désir de la religion qu’il pria saint Majanus d’accepter sa seigneurie avec ses terres et ses territoires pour la fondation d’un monastère. Alors le saint, reconnaissant avec gratitude la faveur de Dieu, accepta le don ; et y laissant quelques moines il retourna à Dol pour en informer saint Samson et saint Maglorius — lesquels, ayant rendu grâces à Dieu ensemble, le renvoyèrent à cette œuvre avec plein pouvoir. Et lui, revenant, rapporta la réponse désirée au seigneur de Gael, qui sans délai convoqua des ouvriers de toutes parts, rassembla tous les matériaux nécessaires à la construction, et ordonna que le travail fût mis en main ; et l’empressement des bâtisseurs donnait l’espoir d’un prompt achèvement de l’ouvrage. Mais une chose troublait les ouvriers — à savoir la disette d’eau nécessaire pour délayer le mortier ; car l’eau la plus proche était si éloignée que la quérir consumait beaucoup de temps et de peine.

6. Saint Majanus, prosterné en prière, supplia le Seigneur avec une pleine confiance de pourvoir à l’eau ; puis, se relevant, il fixa son bâton dans la terre, et le retirant vit jaillir une source d’eau vive — laquelle est célèbre jusqu’à ce jour pour sa vertu de guérir la maladie que les médecins appellent la démangeaison, vulgairement nommée le mal de saint Majan : une gale de bile aigre qui ronge la chair jusqu’aux os. Le monastère alors achevé fut dédié en l’honneur du glorieux Précurseur Jean Baptiste, dont ces moines s’étaient proposé d’imiter la vertu et l’austérité de vie. La renommée de leur sainteté, répandue par toute la région, attira de très nombreux jeunes nobles qui y affluèrent, désirant vivre sous la discipline et la règle de saint Majanus — entre autres Judicaël, roi des Armoricains, qui ne pouvait se rassasier des pieuses admonitions de saint Majanus, qu’il entendait volontiers et suivait diligemment. De là il conçut le désir de servir Dieu sous le doux joug de la religion. C’est pourquoi, revenant de la guerre gallique couronné de victoires, foulant aux pieds cette victoire même, il se rendit au monastère de Gael ; là il déposa ses ornements royaux et revêtit l’habit monastique, pour passer le reste de sa vie dans ce monastère — lequel, étant étroit et ruiné en plusieurs parties, il fit agrandir et réparer, lui assignant de grands revenus ; et il mena sa vie d’une telle perfection qu’après sa mort les honneurs d’un saint lui furent rendus.

7. Son frère Hoël, oppresseur des pauvres. Un quatrième frère de saint Judicaël, nommé Hoël, jeune homme d’un esprit ardent différant grandement d’humeur et de mœurs des saints frères Judicaël, Judoc et Winnoc, avait sa demeure dans un certain château près du monastère de Gael, opprimant les gens du pays par de violentes exactions. L’un de ses serviteurs — soit qu’il n’eût pas exécuté un commandement injuste, soit pour quelque autre cause — avait encouru sa colère, et fut donc enfermé dans un cachot souterrain, lié de fers et tourmenté d’autres misères. Le malheureux ne put plus supporter ces choses. Il advint que saint Majanus, faisant le tour des cellules de ses religieux, entendit les lamentations et les gémissements de ce pauvre captif ; et demandant la cause de ces pleurs, on lui dit qu’un pauvre homme était tenu dans les liens par le prince Hoël. Aussitôt il envoya deux de ses moines pour intercéder en son nom auprès du prince pour la liberté du malheureux. Ils firent comme il leur avait été ordonné — mais en vain ; ils ne purent fléchir l’esprit obstiné du prince.

8. Il ne voulut pas relâcher le captif, et le tira sacrilègement du monastère où il s’était réfugié. Quand cela fut rapporté au saint, il se donna à la prière, implorant la divine miséricorde pour ce malheureux. À peine eut-il achevé sa prière que le pauvre homme fut délivré du cachot par une aide angélique, et se hâta aussitôt vers le monastère pour rendre grâces à Dieu et à saint Majanus, et trouver la liberté dans ses bras. Mais lorsque Hoël apprit que son captif s’était échappé du cachot et s’était enfui au monastère comme vers un asile sacré, il envoya aussitôt certains de ses gens à saint Majanus pour exiger le captif de retour. Le saint, répondant par une belle excuse, dit qu’il ne pouvait en aucune manière livrer entre ses mains un malheureux qui s’était enfui dans son monastère comme vers un asile. Et il cacha le fugitif dans l’église, jugeant qu’il ne pourrait en aucune manière en être arraché par la force — mais il en advint tout autrement. Car le prince, recevant la réponse du saint, ne voulut en aucune manière acquiescer ; mais, brûlant de rage, se précipita au monastère, enfonça les portes, et arracha violemment le malheureux qui s’agrippait au saint autel — en vain saint Majanus et ses moines le supplièrent-ils ; eux, voyant leurs prières répandues en vain, consolèrent l’homme et l’exhortèrent à la patience, dans l’espérance que sa liberté lui serait bientôt rendue. Et Majanus, allant vers Hoël, l’admonesta dans l’esprit de prophétie d’examiner son âme et de se préparer à la pénitence ; car dans trois jours il mourrait et comparaîtrait devant le tribunal du souverain Juge.

9. Méprisant la prophétie du saint, il est puni et meurt pénitent. Entendant cela, le prince, dans sa folie juvénile, éclata de rire et méprisa les paroles du saint abbé comme les délires d’un vieillard ; et ainsi, montant sur son cheval, il s’en retourna, traînant son captif avec lui, résolu dans un esprit endurci à exercer sa fureur sur lui — mais Dieu le détourna. Car lorsqu’à l’entrée de son palais il poussa son cheval de l’éperon, la bête, chassée en fureur, jeta son cavalier, lui brisant l’os de la cuisse par un choc si violent qu’il tomba sur le dos comme si chaque os eût été brisé. Alors, revenant à lui-même, il se souvint de ce que le saint lui avait prédit ; et voici, ému alors à la repentance, il ordonna qu’on le portât dans sa maison et qu’on le couchât dans son lit, rendit la liberté à son captif, et le pria humblement de se rendre au monastère et de dire au saint abbé Majanus la calamité qui lui était arrivée — de demander pardon pour sa folie, et de le prier de ne pas dédaigner de venir à lui. Recevant le message, Majanus se rendit vers Hoël, le reprit de ses fautes passées, l’exhorta instamment à demander pardon à Dieu et à endurer patiemment l’affliction — laquelle était légère en vérité, pesée contre la gravité de ses crimes —, l’excita à une vraie contrition de l’âme, entendit la confession de ses péchés, lui administra les autres sacrements, et le disposa pieusement pour la mort ; laquelle il subit au troisième jour, selon la prophétie du saint.

10. Il met en fuite les insectes nuisibles. Le territoire de Gael — sol gras et fertile — était vexé par certains insectes qui infestaient les grains à mesure qu’ils mûrissaient. Saint Majanus, éprouvant la perte qu’ils causaient à son monastère, offrit une prière à Dieu et alla vers les petites cavernes où ils se cachaient, et au nom de Dieu leur commanda de s’envoler dans le désert, afin qu’ils ne nuisissent plus au monastère ni à ses gens. Les insectes obéirent à son ordre et s’envolèrent dans une autre région — de sorte qu’aucun tel n’a été vu en Armorique depuis. Lors donc que le monastère fut achevé tant spirituellement que matériellement, et son saint ordre bien établi dans la discipline régulière, et que les peuples d’alentour eurent été instruits de la foi chrétienne par ses religieux, il résolut de faire un pèlerinage à Rome, pour vénérer les tombeaux des princes des apôtres, Pierre et Paul, et les autres églises sacrées de cette ville, dedans et dehors les murs.

11. À Angers, il met en fuite un dragon. Prenant donc certains de ses frères comme compagnons du voyage, et disant adieu aux autres, il se mit en chemin — des miracles l’accompagnant partout où il allait. Lorsqu’il vint à Angers, il fut invité à prêcher le peuple dans la plus grande église ; ce qu’il fit avec de grands applaudissements et un fruit spirituel. Dans cette ville, une certaine pieuse dame, entendant la renommée de sa sainteté et des miracles que Dieu opérait par lui, vint à lui le suppliant de la délivrer des pertes qu’elle souffrait d’un certain horrible dragon. La bête avait son repaire dans un bois attenant à ses champs les plus fertiles, lesquels demeuraient incultes par crainte de la bête redoutable, aucun laboureur n’osant les approcher. La femme était d’une grande vertu ; et le saint promit de faire ce qu’elle demandait. La caverne du dragon n’était pas loin du monastère de saint Florentius, sur la rive de la rivière Loire. Majanus ordonna qu’on l’y conduisît ; et lorsque le lieu fut en vue, ni ses guides ni le peuple qui le suivait, désireux de voir l’issue, n’osèrent approcher — ils lui montrèrent la caverne de loin. Là il s’agenouilla sur le sol et répandit ses prières à Dieu ; puis, ayant offert le sacrifice de la messe dans l’église la plus proche, il alla droit à l’antre du dragon et lui commanda de sortir. Il sortit aussitôt, les yeux étincelants, ses écailles raclant le sol, poussant un sifflement si épouvantable qu’il fut entendu à travers les champs d’alentour. Le saint s’approcha de lui et jeta son étole sacerdotale autour de son cou, et le mena ainsi comme une bête domestique jusqu’au bord du fleuve, où au nom du Seigneur il lui commanda de se jeter dans le courant — ce qu’il fit, tout le peuple regardant.

12. Et il fonde un monastère. Cela fait, il retourna à Angers, tout le peuple venant à sa rencontre avec la vénération que méritait sa sainteté ; et cette noble dame, en reconnaissance reconnaissante du bienfait et en perpétuelle mémoire d’un si grand miracle, lui donna en possession perpétuelle les champs dont il avait chassé le dragon. En ce lieu le saint fonda un monastère, accordant à son supérieur le titre de prieur, et voulut qu’il fût sujet à l’abbé de Gael. Là il établit certains de ses moines et d’autres nouvellement admis.

13. Sur le point de mourir, il retourne vers les siens ; il révèle la mort prochaine d’un autre ; et ayant reçu les sacrements, il meurt. Après cela il résolut de poursuivre son voyage vers Rome ; mais voici, Dieu le lui révélant, il comprit qu’il serait bientôt appelé à la récompense de ses travaux. Lorsqu’il l’eut dit à ses frères, tous lui conseillèrent de retourner à Gael, afin que là, parmi ses frères, il se reposât de ses travaux. Il approuva le conseil et retourna à son monastère, reçu avec joie par tous ceux qui y demeuraient. Peu après, il tomba dans une maladie par laquelle, la vieillesse et les mortifications dont il avait subjugué son corps toute sa vie survenant sur lui, il fut si affaibli en peu de jours qu’il sentit la fin de sa vie proche. Il assembla ses frères, qui se tenaient pleurant autour de son lit, et avec des paroles graves et aimantes les exhorta à la persévérance, à l’accomplissement de leurs vœux, et à garder la pureté de la règle. Et voyant parmi les plus jeunes un moine nommé Ausonius, plus triste que les autres et incapable de retenir ses larmes pour la perte d’un si bon père, il lui commanda de s’approcher du lit, et essuyant ses larmes de ses propres mains dit dans l’esprit de prophétie : « Ne pleure pas, mon fils, mon départ — car nous ne serons pas longtemps séparés l’un de l’autre. Je m’en vais devant comme un père ; dans huit jours tu me suivras ; entre-temps prépare-toi à un heureux trépas. » Ces choses dites, il demanda d’être fortifié pour sa dernière couche par l’extrême-onction — ayant déjà reçu la pénitence sacramentelle et le Corps du Christ comme viatique. Alors, ravi en haute contemplation, élevant les mains, les yeux et le cœur vers Dieu, il rendit son dernier esprit entre les mains de Celui qui l’avait créé pour sa gloire, au vingt et unième jour de juin, environ l’an 665, Alain II de ce nom régnant dans notre Bretagne armoricaine — petit-fils du roi Salomon, second roi de la haute et de la basse Bretagne, qui avaient été divisées et furent unies en une seule lorsque saint Judicaël abdiqua de son propre gré. Son corps fut honorablement déposé dans son monastère dans un tombeau élevé au-dessus du sol, à la droite de l’autel du prince, où Dieu opère de grands miracles en témoignage de sa sainteté. Là ses saintes reliques furent gardées en honneur et vénération dus jusqu’à l’année 878, lorsque les Normands et les Danois descendirent en Bretagne, renversant églises et monastères, brûlant et dispersant les saintes reliques qu’ils trouvaient : les moines les soustrayant à leur fureur les portèrent à saint Florentius, où elles demeurèrent pendant quelques siècles. Dans des temps postérieurs, certaines parcelles furent trouvées déposées dans le monastère de Gael, qui est appelé Saint-Majan de son fondateur.

14. Ses reliques et son monastère tenus en vénération. Ce monastère tint lieu dans l’amour et l’estime des anciens princes bretons, qui lui conférèrent de nombreux et grands dons et privilèges. Godefroy Ier, duc de Bretagne, avait résolu de le rebâtir depuis les fondements ; mais, prévenu par la mort, il laissa la charge à son fils le duc Alain III, qui l’exécuta — lui accordant les églises de Sainte-Marie et de Saint-Guicquellius, et de plus en l’an 1029 accordant à Hugues et aux moines de ce monastère le privilège de tenir une foire dans sa ville et d’échanger l’or et l’argent. Ainsi ce monastère devint célèbre dans toute l’Europe, les pèlerins y affluant par dévotion, surtout ceux qui souffraient de la maladie vulgairement appelée le mal de saint Majan, lesquels obtiennent souvent la santé par l’intercession et les mérites du saint abbé — comme dit Yepes : « C’est pour cette cause qu’ils se rendent à ce monastère de beaucoup de provinces du royaume, entreprenant le pèlerinage en bandes ordonnées avec des bannières, qu’ils accomplissent avec une telle dévotion que, comme le témoigne l’évêque Robert Cenalis, ils ne font nulle provision pour leur nourriture, mais chacun mendie une aumône, si riche soit-il chez lui, afin que par des vêtements humbles et une nourriture précaire ils puissent plus facilement rendre Dieu propice envers eux. »

Notes éditoriales #

a. Le père [de Majanus] est appelé Gerascenus par Renatus. b. Baudrand montre que plusieurs villes du nom de Venta existaient, et au moins une au pays de Galles ; une région de ce nom, il ne l’assigne pas. c. Renatus a écrit « Orche ». d. Renatus l’appelle « de Ménévie » — et de Ménévie Baudrand dit : « Ménévie, ville épiscopale d’Angleterre sous l’archevêque de Cantorbéry, au pays de Galles du Sud. » Je pense que nous devons suivre ici Renatus plutôt qu’Albert ; car si saint Samson était en vérité évêque de Ménévie et passa de là en Armorique, peut-être trouvera-t-on une raison pour laquelle saint Mainus fut appelé Mevennus parmi un peuple auquel son vrai nom pouvait avoir été inconnu. e. Albert semble attribuer la traversée de Samson à une révélation divine, tandis que d’autres l’attribuent à la violence des Anglo-Saxons. f. Parmi les miracles opérés par lui, Renatus rapporte que la femme d’un certain Privatus fut délivrée de la lèpre et sa fille d’un démon. g. Le premier monastère que bâtit saint Samson est appelé Dol par Yepes et Renatus — avec le consentement de Queretus, comte de la région, saint Mainus faisant fonction d’envoyé de la part de Samson. h. Yepes et Renatus appellent la région Transylva [au-delà-du-bois], et disent que le seigneur s’appelait Cado ; je ne trouve ni Transylva ni Gael chez d’autres auteurs. i. D’autres décrivent la maladie comme « une rugosité écailleuse de la peau » — et elle semble différer de la gale. k. Du roi Judicaël, d’Argentré traite au livre 2 depuis le commencement jusqu’au chapitre 7 — que celui qui en veut davantage le consulte. Quand il est appelé « canonisé », cela doit s’entendre selon la coutume de ce siècle. l. Ceux-ci semblent être les saints Judoc et Winnoc, le premier vénéré le 13 décembre, le second le 6 novembre ; mais leurs légendes diffèrent non peu de ce qui est raconté ici, bien qu’elles s’accordent dans l’essentiel — ce qui pourra être examiné à leurs fêtes. m. Il mourut en effet avant ses frères et sans enfants : car avec Judicaël s’éteignent les rois de basse Armorique, selon Albert et d’Argentré. n. Un miracle semblable à ceux racontés de saint Patrick et d’autres saints irlandais — voir ce qui a été dit dans le commentaire préliminaire à sa vie, le 17 mars. o. Yepes a omis ce dragon, l’estimant, je suppose, fabuleux ou à expliquer seulement symboliquement de l’idolâtrie ou du péché habituel. p. Mais d’Argentré dit qu’après la mort de saint Judicaël tout l’état du royaume fut troublé, et qu’aucun roi ne se trouve dans les auteurs approuvés ; c’est pourquoi Albert, n’en trouvant pas d’autre, suppose que le roi de haute Armorique régna aussi sur la basse. q. Il tint le duché de 992 à 1008, quand son fils lui succéda. r. Le même qui est saint Judicaël, roi des Bretons, dont il a été parlé plus haut — d’où le culte rendu au saint dès les temps anciens se confirme, si une église dédiée à son nom existait au onzième siècle. s. Voir Yepes, cité dans le texte ci-dessus.


[Début de l’article suivant :] Concernant saint Leutfred, abbé au diocèse d’Évreux en Normandie #

Commentaire préliminaire — §1. De son monastère, de son culte et de ses actes. #

Évreux (Ebroicae), ville de la Haute-Normandie et siège épiscopal sur la rivière Iton sous l’archevêque de Rouen, distante d’environ dix lieues françaises au sud de cette ville. Dans ce diocèse saint Leutfred bâtit un monastère à mi-chemin entre Évreux et la Seine, où le château de Gaillon se trouve auprès d’elle. Plus bas dans la Vie il est dit (§14) que ce monastère est à deux lieues de la ville d’Évreux, et (§24) que la rivière Eure le borde au sud. Sa situation est décrite aux §§12–13, où il est dit que quelques années après la mort de saint Audoënus l’archevêque le monastère fut bâti en l’honneur de la Croix vivifiante et des saints apôtres et de saint Audoënus. De là il fut d’abord appelé le monastère de la Croix de saint Audoënus ; mais ensuite, à cause des miracles et de la vénération de l’abbé qui lui donna son nom, il fut appelé la Croix de saint Leutfred. Saint Audoënus eut pour successeur au siège de Rouen saint Ansbert, à l’exhortation duquel, et de saint Sidonius, Leutfred partit, comme il est dit au §11, vers son sol natal et commença à bâtir un monastère. Ceci ils le placent environ l’an 690 ; et puisque le §29 dit que le saint abbé présida sur ce monastère environ quarante-huit ans, sa mort doit être rapportée à l’année 738.

§2. Le jour y est donné comme le onzième des calendes de juillet [21 juin], auquel il reposa en paix ; et dans le bréviaire d’Évreux (que nous avons, imprimé en 1586) la fête de saint Leutfred abbé est prescrite à être gardée avec neuf leçons et les deux Vêpres, et cette prière est récitée : « Ô Dieu, qui as consolé le bienheureux Leutfred, ton confesseur et abbé, combattant contre la sauvagerie de l’antique ennemi par une visitation angélique — par ses mérites intercédants absous-nous de tout lien de péchés, et donne-nous de nous réjouir avec lui dans l’éternelle allégresse. » Alors les neuf leçons sont tirées de ses anciens actes, qui finissent ainsi à la neuvième leçon : « Après sa mort, sa vertu et sa grâce pour l’opération des miracles, par l’invocation de son nom, a duré dans le monastère jusqu’à nos temps ; par les mérites et les prières duquel nous prions d’être aidés par notre Seigneur Jésus-Christ. » La fête du même saint Leutfred est célébrée dans les diocèses de Luxeuil, de Paris et d’autres dont nous avons les bréviaires ; et des leçons tirées de sa vie y sont exposées. Sa mémoire est gardée le 11 juin dans le manuscrit de Luxeuil — peut-être par une erreur de copiste, un denier ayant été omis — mais Usuard confirme son culte au vingt et un, son vrai jour de naissance [au ciel], en ces termes : « Au district de Madrie, saint Leutfred confesseur, qui — monument d’une rare sainteté — aurait fait jaillir une source de la terre par ses prières. » Les écrivains postérieurs le suivent tout au long : Bellinus, Greven, Maurolycus, Callistus, avec divers manuscrits et le Martyrologe romain ; de même Wion, Dorganius, Ménard et Bucelin dans leurs fastes bénédictins. Le miracle de la source fait jaillir est rapporté dans les Actes, §19 ; et le nom du district de Madrie se trouve au §11 — lequel Mabillon, dans ses observations préliminaires sur cette vie, dit être celui sur lequel le comte Nebelong et son fils Theodebert auraient présidé, s’étendant entre Évreux et la ville de Vernon. D’autres affirment qu’il était beaucoup plus grand ; les opinions et controverses desquels Charles le Cointe expose au long à l’année 690, §12 — que le lecteur curieux consulte.

§3. La vie d’après les manuscrits et diverses éditions. Nous avons la vie d’après un très ancien manuscrit codex d’Aroasia en Artois, et nous l’avons collationnée avec le manuscrit de la reine de Suède n° 1466 — tel que nous l’avons aussi trouvé à Paris dans la bibliothèque du cardinal Mazarin. La même vie fut aussi imprimée par Jacques Bruel, Parisien et moine de Saint-Germain-des-Prés, dans le Supplément aux Antiquités de Paris — parce que le corps sacré de saint Leutfred fut, comme il sera dit plus bas, porté à cette ville ; la même vie fut aussi réimprimée par Vincentius Barralis de Salerne dans la Chronologie de la sainte île de Lérins, parce qu’un os du cubitus y est conservé parmi les reliques, apporté de Paris en l’an du Seigneur 1599. De cette chronologie elle fut réimprimée dans la dernière édition de Surius. Enfin elle fut publiée par Lucas d’Achery et Jean Mabillon dans les Acta Sanctorum de l’ordre de Saint-Benoît, première partie du troisième siècle ; et des compendia se trouvent dans les bréviaires indiqués ci-dessus, de même dans Vincent de Beauvais, livre 23, chapitre 12, et d’autres écrivains récents, avec le Martyrologe de Saussaye.

§4. Son élévation et sa translation. Plus bas dans les Actes, §29, il est dit que le saint fut enseveli dans l’église de Saint-Paul, et translaté de là à la basilique de la Croix vivifiante et de saint Audoënus — ce qui dans l’Appendice de Jacques Bruel est dit avoir été fait en l’année 852, le vingt juin, par Gumbert évêque d’Évreux, non plutôt (comme il est écrit dans ledit §29) par Jean, évêque de l’église de Dol et abbé de ce lieu. Lorsque l’auteur de la Vie affirme que cela arriva de son propre temps, il montre qu’il vivait alors moine en ce lieu ; et à cette élévation il sous-joint la translation au monastère parisien de Saint-Germain, et la donation…

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