1 Jadis vivait un gentilhomme au pays de Powys, en un lieu appelé Banhenic, près de la rivière qui en ce temps-là était appelée Sabrina, mais qui se nomme maintenant en gallois Hafren et en anglais la Severn. Ce gentilhomme se nommait Bugi, et sa femme s’appelait Beren, fille de Llawdden. C’étaient des gens irréprochables qui menaient une vie vertueuse ; ils observaient les commandements de Dieu de toutes les manières, autant qu’ils le pouvaient, et nul mal d’aucune sorte ne pouvait être allégué contre eux. Ils n’avaient point de fils pour être leur héritier, et ils étaient avancés en âge, si bien qu’on ne s’attendait point à ce qu’ils eussent d’enfants ; car ils avaient passé une grande part de leur vie et avaient vécu ensemble douze ans sans relations charnelles, et cela d’un commun accord. Un soir, comme ils parlaient ensemble, ils virent un ange venant vers eux, dont le vêtement était blanc comme la neige, et il leur dit : « Soyez joyeux et réjouissez-vous, car Dieu a entendu votre prière. » Puis l’ange leur dit : « Qu’il y ait union charnelle cette nuit entre toi et ta femme, et elle concevra ; et de cette conception un fils vous naîtra, et il sera honoré devant Dieu et devant les hommes. » Comme l’ange le leur avait commandé, ainsi firent-ils ; et Beren conçut cette nuit-là, et de cette conception un fils lui naquit, et à ce fils ils donnèrent le nom de Beino. Ils élevèrent leur fils et l’instruisirent à mesure qu’il grandissait, et l’envoyèrent ensuite à un saint qui vivait à Caerwent ; ce saint se nommait Tangusius. Ses parents le placèrent d’accord auprès de lui, et avec ce saint, par l’aide de Dieu, il acquit la connaissance de toutes les saintes Écritures ; ensuite il apprit les offices et les règles de l’Église, prit les ordres et devint clerc. Ynyr de Gwent, qui était roi de ce pays, voyant qu’il était humble, chaste, généreux et en tous points observateur des commandements de Dieu, le reçut avec honneur et bonté, et lui donna un anneau d’or et une couronne. Il devint aussi disciple et moine de saint Beino, et lui concéda trois domaines en Ewias, ensemble avec tous les gens qui vivaient sur ces domaines et leurs biens.
2 En ce temps-là, le père de Beino tomba malade d’un mal dont il n’y avait nul espoir de guérison, et il envoya des messagers à son fils Beino, lui demandant de venir à lui pour recevoir sa bénédiction. Alors Beino dit à ses compagnons et disciples : « Que trois d’entre vous demeurent dans cette cité, et j’irai vers mon père, qui est gravement malade », et ainsi firent-ils. Saint Beino les recommanda au roi et aux grands du pays, et il poursuivit son chemin jusqu’à ce qu’il parvînt au lieu où son père gisait malade. Après que son père eut reçu la communion, fait sa confession et conduit sa vie à une parfaite fin, il quitta ce monde. Ensuite Beino demeura dans le bourg de son père, et là il bâtit une église qu’il consacra au nom du Seigneur Christ ; et il plaça un gland auprès du tombeau de son père, qui crût en un chêne de grande taille et de hauteur, et de belle forme. De cet arbre poussa une branche qui descendit jusqu’au sol puis s’éleva de nouveau de la terre aussi haut que les autres rameaux de l’arbre, et une partie de cette branche gisait ensevelie dans la terre, comme il en est encore aujourd’hui. Si un Anglais venait à passer entre cette branche et le tronc de l’arbre, il mourrait aussitôt, mais si un Gallois passait, nul mal ne lui adviendrait. Après être demeuré là quelque temps, Beino quitta le bourg de son père et alla vers Maun fils de Brochwel, qui le reçut gracieusement et honorablement, à cause de son amitié, de sa générosité et de son observance des commandements de Dieu.
3 Alors Maun, pour l’amour de sa propre âme et de l’âme de son père, donna Aberrhiw à Dieu et à Beino. Un jour, comme Beino cheminait près de la rivière Severn à un gué, il entendit une voix de l’autre côté du fleuve, excitant les chiens à chasser un lièvre ; c’était la voix d’un Anglais, qui criait aussi fort qu’il le pouvait : « Cergia », qui dans cette langue servait à exciter les chiens. Lorsque Beino entendit la voix de l’Anglais, il fit aussitôt demi-tour, et revenant à ses disciples il leur dit : « Mes fils, mettez vos vêtements et vos chaussures, et quittons ce lieu ; car les gens de cet homme ont une langue étrange et détestable, et j’ai entendu sa voix de l’autre côté du fleuve, excitant les chiens après un lièvre. Ils ont envahi ce lieu, et il sera à eux, et ils le tiendront en leur possession. » Alors Beino dit à l’un de ses disciples, dont le nom était Bithyliut : « Mon fils, sois-moi obéissant ; je veux que tu demeures ici. Ma bénédiction sera avec toi, et je te laisserai la croix que j’ai faite. » Et la bénédiction de Beino lia ce disciple, et il demeura là.
4 Beino et ses disciples cheminèrent ensuite jusqu’à Meivod, et là il séjourna avec Tysilio quarante jours et quarante nuits. De là il alla vers le roi Cynan, fils de Brochwel, et lui demanda un lieu où prier pour son âme et pour les âmes de ses amis. Alors le roi lui donna Gwydelwerun, lieu qui avait reçu son nom d’un Irlandais que Beino avait ressuscité d’entre les morts en ce lieu, ensemble avec la femme de cet homme, qui avait été la cause de sa mort. Là Beino bâtit une église. En ce temps-là les neveux de Cynan vinrent à Beino de la chasse et lui demandèrent de la nourriture, et dès lors ils demeurèrent toujours là. Beino ordonna à ses serviteurs de prendre un jeune bœuf à la montagne, de le tuer et d’apprêter de la nourriture pour les hommes qui la lui avaient demandée, et les serviteurs firent ainsi. La viande fut mise à bouillir dans un chaudron sur le feu à la troisième heure du jour, et elle demeura sur le feu jusqu’au soir ; les hommes entretenaient sans cesse le feu sous le chaudron, et pourtant au soir l’eau n’avait point tiédi, ni la viande changé de couleur. Alors l’un des laïcs dit aux clercs : « Cet homme fait cela par son art, afin que nous n’ayons rien à manger. » Lorsque Beino entendit ces paroles dites par lui, il jeta sa malédiction sur lui, et il mourut avant la fin du jour. Alors Beino se tourna vers les fils de Selyff et leur dit : « Ce que vos pères ont donné à Dieu, souhaitez-vous qu’il soit donné sous tribut et obligation ? Comme Dieu me l’a donné, et comme il me traitera en serviteur qui lui sert, que votre héritier jamais ne le possède, et que vous soyez détruits de ce royaume et de l’éternel au-delà. » Et ce que Beino demanda dans sa prière fut accordé.
5 Alors Beino quitta ce lieu et alla jusqu’aux rives de la rivière Dee, cherchant un lieu où prier Dieu, mais il n’en trouva point. Après cela il vint à Temic, fils d’Eliud, et Temic concéda à Beino pour toujours, libre de toute revendication, un bourg. Beino y bâtit une église et la consacra à Dieu, et peu après Temic se retira de ce lieu solitaire et le laissa entièrement à saint Beino. Un jour Temic et sa femme allèrent à l’église pour entendre la messe et la prédication de Beino, et ils laissèrent leur fille à la maison pour garder. La jeune fille était fort belle et n’avait pas encore été donnée en mariage. Comme elle gardait, elle vit le roi qui régnait sur ce lieu venir vers elle ; son nom était Caradoc. Elle se leva à sa rencontre et le salua aimablement. Le roi alors lui demanda où était son père. « Il est allé à l’église, dit-elle ; si vous avez quelque affaire avec lui, demeurez un peu et il reviendra bientôt. » « Je n’attendrai pas, dit-il, à moins que tu ne deviennes ma concubine. » La jeune fille répondit : « Je ne serai pas ta concubine, parce que tu es roi, né de rois, et je ne suis pas d’un sang égal pour être unie à toi de cette manière ; mais demeure ici tandis que je vais à ma chambre, et je ferai ce que tu souhaites. » Aussitôt elle quitta la maison et alla vers l’église où étaient son père et sa mère. Lorsque le roi la vit s’en aller, il se mit en colère, et comme elle atteignait la porte de l’église il l’atteignit et lui trancha la tête de son épée ; la tête tomba à l’intérieur de l’église, et le corps demeura dehors.
6 Beino, ensemble avec son père et sa mère, vit ce qui avait été fait, et Beino, regardant le roi au visage, dit : « Je demande à Dieu qu’il ne t’épargne pas, ni ne te montre plus d’égard que tu n’en as montré à cette bonne jeune fille. » À cette heure même le roi se fondit en une mare et ne fut plus vu en ce monde. Alors Beino prit la tête de la jeune fille et la remit sur son corps, et étendant son manteau sur elle, il dit à son père et à sa mère, qui se tenaient à sa tête dans le chagrin : « Taisez-vous un peu, jusqu’à ce que la messe soit finie. »
7 Alors Beino offrit le sacrifice à Dieu, et lorsque la messe fut finie la jeune fille se leva entièrement restaurée ; la sueur fut essuyée de son visage, et Dieu, par Beino, la rendit à la parfaite santé. Au lieu où son sang était tombé à terre sourdit une source, qui demeure là jusqu’à ce jour, guérissant hommes et bêtes des maladies et des blessures. Cette source s’appelle, du nom de la jeune fille, le Puits de Winefred. Beaucoup de gens furent témoins de ces choses et crurent au Christ, et parmi ceux qui crurent était Cadfan, roi du pays de Galles du Nord, qui concéda à Beino une grande étendue de terres. Après la mort de Cadfan, Beino alla visiter son fils Cadwallon, qui lui succéda comme roi. Beino demanda la terre de Cadfan, car en ce temps il n’avait point de lieu où prier Dieu ni où demeurer, et le roi lui accorda un lieu en Arfon appelé Gwaredauc. Beino donna au roi un sceptre d’or, que Conan fils de Brochwel lui avait donné lorsqu’il allait mourir, et ce sceptre valait soixante vaches. Là Beino bâtit une église et commença à construire un mur autour d’elle. Un jour, tandis que lui et ses disciples travaillaient au mur, ils virent une femme venant vers eux, portant un enfant nouveau-né et demandant à Beino de bénir le nourrisson. Beino dit : « Femme, attends un peu jusqu’à ce que ceci soit fini », mais l’enfant criait si fort que c’était dur à supporter. « Femme, dit Beino, qu’est-ce qui fait pleurer l’enfant ? » « Bon saint, répondit la femme, il y a une raison. » « Bonne femme, dit Beino, quelle est cette raison ? » « En vérité, dit-elle, la terre que tu possèdes et sur laquelle tu bâtis une église est le bourg appartenant au père de l’enfant. » Alors Beino dit à ses disciples : « Retirez vos mains de l’ouvrage tandis que je baptise l’enfant et prépare mon char ; nous irons avec cette femme et cet enfant visiter le roi qui m’a donné le bourg du père de l’enfant. »
8 Beino et ses disciples partirent alors avec la femme et l’enfant et vinrent à Caerseint, où était le roi, lieu maintenant appelé Caernarfon. Beino dit au roi : « Pourquoi m’as-tu donné le bourg alors qu’il appartenait à un autre ? L’enfant dans les bras de cette femme possède cette terre et en est l’héritier légitime. Donne la terre à l’enfant, et donne-moi quelque autre terre en échange, ou rends-moi le don que je t’ai fait, à savoir le sceptre d’or. » Mais le roi orgueilleux fit à Beino une réponse hautaine : « Je n’échangerai pas la terre avec toi ; le don que tu m’as fait, je l’ai déjà donné à un autre. » Beino se mit en colère et dit : « Je demande à Dieu que tu ne possèdes pas longtemps cette terre », et il partit, laissant le roi sous une malédiction.
9 Le roi avait un cousin nommé Guideuit, qui alla après Beino et le rencontra de l’autre côté de la rivière appelée la Seint, où Beino était assis sur une pierre au bord du fleuve. Pour l’amour de sa propre âme et de celle de son cousin Cadwallon, il donna à Dieu et à Beino pour toujours son bourg, appelé Kelynauc, libre de rente ou de service, et sans que personne le possédât ni le revendiquât. Là Beino, par la puissance de Dieu, opéra des miracles que nul en ce monde ne saurait nombrer.
10 En ce temps-là il arriva qu’un des ouvriers d’Aberffraw alla au palais d’Ynyr de Gwent, et nul jeune homme n’était plus beau que lui. Lorsque la fille d’Ynyr de Gwent le vit, elle ne put supporter d’être éloignée de sa compagnie même un instant. Lorsque le roi s’en aperçut, il choisit de donner le jeune homme à sa fille en mariage, de peur qu’elle ne le prît d’autre manière, voulant avoir un homme si beau à la fois pour gendre et pour sujet. Après quelque temps le jeune homme retourna avec sa femme dans son propre pays, et ils vinrent à un lieu appelé Pennard en Arfon. Là ils descendirent de cheval et se reposèrent, et par la fatigue et la lassitude le sommeil gagna la princesse. Tandis qu’elle dormait, il eut grandement honte d’aller dans son pays avec une épouse de si noble naissance sans avoir de lieu où la mener, et d’être obligé de retourner de nouveau au lieu où il avait travaillé et gagné sa vie. Alors, par l’instigation du diable, il lui trancha la tête pendant qu’elle dormait, et retourna ensuite au pays du roi avec les précieux chevaux et l’or et l’argent. Par ce moyen il obtint du roi un office et devint son intendant.
11 Les bergers de Beino virent le cadavre et allèrent aussitôt l’en informer ; Beino alla immédiatement avec eux au lieu où le corps gisait. Il prit la tête aussitôt et la pressa contre le corps, et tombant à genoux pria Dieu en ces paroles : « Seigneur, Créateur du ciel et de la terre, à qui rien n’est caché, rends la santé à ce corps. » Immédiatement la jeune fille se leva entièrement restaurée et raconta à Beino tout ce qui s’était passé. Beino alors lui dit : « Veux-tu choisir de retourner dans ton pays, ou de demeurer ici en servant Dieu ? » La bonne et douce jeune fille répondit : « Ici je demeurerai, servant Dieu, près de toi qui m’as ressuscitée à la vie d’entre les morts. » Au lieu où son sang était tombé à terre, une source claire sourdit, et cette source prit son nom de la jeune femme et fut appelée le Puits de Digwc.
12 Après quelque temps Iddon, fils d’Ynyr de Gwent et frère de la princesse, vint à Beino pour chercher sa sœur. Lorsqu’il arriva, la jeune femme était avec Beino servant Dieu, et il lui demanda si elle voulait quitter ce pays et aller avec lui ; mais elle dit qu’elle n’irait pas, ni ne quitterait le lieu où elle avait été ressuscitée d’entre les morts. Lorsque Iddon vit qu’il ne pouvait la persuader, il demanda à Beino d’aller avec lui jusqu’à Aberffraw, pour faire une requête au roi et recouvrer de lui les chevaux et l’or et l’argent que l’homme avait emportés avec sa sœur. Ils allèrent tous deux au palais du roi, et là Iddon vit l’homme qu’il cherchait.
13 Aussitôt il tira son épée et frappa l’homme, lui tranchant la tête. Le roi alors se mit en colère et ordonna que l’homme qui avait commis le meurtre fût saisi. Beino dit : « Ne pose pas ta main sur l’homme qui est venu avec moi. » Dans sa colère le roi se hâta de partir et jura que l’homme serait mis à mort aussitôt, à moins que Beino ne rendît la vie à l’homme tué. Beino, mettant ferme confiance en Dieu, ressuscita l’homme assassiné à la vie. Le roi alors se repentit d’avoir éprouvé le saint et lui donna la maison dans laquelle il vivait, et elle est appelée Beino. Beaucoup d’autres choses nous avons passées et laissées sans les raconter, de peur que ce récit ne devînt fastidieux. Ce ne sont là que quelques-uns des miracles de Beino, et nul ne sait ce que Dieu fit par Beino sinon Dieu lui-même. Il est clair que quiconque fait le bien, Dieu l’aidera. Tout ce que Dieu commanda, Beino l’accomplit : il donna nourriture et boisson à tous ceux qu’il vit affamés et assoiffés, vêtement aux nus, logement aux étrangers ; il visita les malades, montra bonté aux prisonniers, et fit tout ce que les saintes Écritures commandent de faire.
14 Lorsque la vie de Beino touchait à sa fin et que son dernier jour approchait, le septième jour après Pâques il vit le ciel ouvert, et des anges descendant et remontant. Alors Beino dit : « Je vois la Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; et Pierre et Paul, et les Druides, et Deiniol, et les saints, et les prophètes, et les apôtres, et les martyrs m’apparaissant. Je vois parmi eux sept anges debout près du trône du Père très haut, et tous les pères du ciel chantant leurs chants, disant : “Béni soit celui que tu as choisi et pris pour demeurer avec toi à jamais” » [Psaume 65:4]. « J’entends, dit-il, le son de la trompette du Père très haut qui m’appelle et dit : “Mon fils, jette loin de toi le fardeau de ta chair ; maintenant le temps vient, et tu es invité à partager avec tes frères le festin qui jamais ne finit. Ton corps demeurera dans la terre, mais les armées du ciel et les anges porteront ton âme au ciel, que tu as gagnée ici par tes œuvres. Et au jour du jugement tu seras présent lorsque le Seigneur dira aux saints : ‘Venez, vous les enfants bénis de mon Père, héritez le royaume préparé pour vous dès la fondation du monde’, où il y aura vie sans mort, jeunesse sans vieillesse, santé sans maladie, et joie sans chagrin ; et les saints du monde d’en haut, avec Dieu le Père, seront unis aux anges et aux archanges dans l’unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit” » [Matthieu 25:34]. Amen. Supplions la miséricorde de Dieu tout-puissant, afin que par l’aide de saint Beino nous puissions, nous aussi, avec lui, obtenir la vie éternelle pour les siècles des siècles. Amen.
15 Voici la généalogie de saint Beino. Beino était fils de Bugi, fils de Gwinlliu, fils de Tegit, fils de Cadell Deyrnllwg, fils de Gortegyrun, fils de Gorthevyn, fils de Gorthgeyrun, fils de Rutegyrn, fils de Deheuwynt, fils d’Eudegan, fils d’Eudegern, fils d’Elud, fils d’Endos, fils d’Endolen, fils d’Avallad, fils d’Amalech, fils de Belim, fils d’Anna, qui était cousine de la Vierge Marie, la mère du Christ.