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La circoncision du Christ

·5593 mots·27 mins

Atkinson, The Passions and the Homilies from Leabhar Breac (1887) — traduction anglaise (l’éditeur omet les longs passages latins de l’homélie)

1 Et après que les huit jours furent accomplis pour que l’enfant fût circoncis, son nom

5635]

2 fut appelé Jésus, qui fut appelé par l’ange avant qu’il fût conçu dans le sein. Luc l’évangéliste, l’homme de ce dernier récit, principal disciple de Paul

3 l’apôtre, médecin choisi du corps et de l’âme de toute personne fidèle dans

4 l’Église, c’est lui qui relate l’œuvre merveilleuse qui advint en ce

5 jour — à savoir, que Jésus-Christ, fils de Dieu le Père selon la divinité et selon l’humanité,

6 ce fils, à savoir, de la fille de la sainte Marie la vierge selon l’humanité et la divinité,

7 Dieu et homme dans l’unité d’une seule personne, se soumit à la loi de la circoncision

8 comme un vrai homme, le huitième jour après sa naissance, pour accomplir

9 la loi de Moïse. Or le côté auquel ce récit est apparenté dans

10 Luc est là où il avait dit auparavant dans son Évangile : « Et il arriva,

11 tandis qu’ils étaient là, les jours de sa purification furent accomplis pour qu’elle enfantât, et elle enfanta

12 son fils premier-né » ; et ainsi c’est sur la trace de ces paroles et de ce

13 témoignage que l’évangéliste dit : « Et après que les huit jours furent accomplis,

14 pour que l’enfant fût circoncis. » Il est demandé ici, pourquoi

15 l’évangéliste dit-il que ce fut après huit jours que la circoncision fut faite ? Car

16 c’était le huitième jour même que la circoncision était faite. Comme s’il avait dit

17 clairement : c’était à la fin des sept jours et au commencement du huitième jour

18 que vint le temps de la circoncision. Jésus se soumit donc à la loi de la circoncision,

19 ou c’était à la fin du huitième jour qu’elle fut faite ; c’est un récit propre sans

20 figure par la suite en lui ; ou encore, il y a ici une manière de parler

21 qui est usuelle dans l’Écriture — à savoir, un récit de la partie

22 pour le tout, ou du tout pour la partie ; et que c’était de telle manière que

23 Luc l’évangéliste fit ce récit lorsqu’il dit : « Et après que les huit jours furent accomplis », etc., et après la circoncision de l’enfant au bout de huit jours.

24 La circoncision dont il est ici parlé est l’une des sortes de baptême de l’Ancien

25 Testament. Car il y a six sortes de baptême dans l’Ancien Testament,

26 par lesquelles le baptême du Nouveau fut préfiguré : dont la première sorte est quand

27 l’Esprit du Seigneur était porté sur les eaux, et sépara les eaux des eaux ; la seconde

28 sorte est le Déluge au temps de Noé, qui signifie la mortification

29 de tous les péchés dans le flot du baptême ; la troisième sorte est l’aspersion du sang

30 de l’agneau en Égypte, par quoi le peuple d’Israël fut délivré de la servitude

31 égyptienne, ce qui signifie le corps et le sang de notre Seigneur Jésus-Christ,

32 par lesquels le peuple spirituel est délivré des ténèbres des péchés, dont lui-même

33 dit : celui qui mange mon corps et boit mon sang, demeure en moi

34 et moi en lui ; la quatrième sorte est le passage de la mer Rouge par le peuple délivré

35 avec Pharaon noyé, ce qui signifie le passage de chacun

36 par le baptême, le diable étant noyé dans ses tentations [c.-à-d. ses pièges] ;

37 la cinquième sorte est le sang de la génisse rousse de trois ans, qui signifie

38 les œuvres sanglantes mortifiées dans l’homme triple ; la sixième sorte est cette

39 circoncision même maintenant racontée.

40 Or le rite et la religion de la circoncision, au commandement de Dieu le Père, prirent

41 leur commencement du bienheureux patriarche Abraham ; de qui il advint aussi qu’au jour de la circoncision

42 un nom fût donné aux petits enfants, parce que lui-même aussi, lorsqu’il reçut de Dieu l’alliance

43 de la circoncision, reçut le même jour un accroissement de nom.

44 Car Abraham lui-même, lorsqu’il accepta l’alliance de la circoncision

45 de Dieu, reçut un accroissement de nom — Abraham. Car trois

46 noms vinrent sur lui, comme Philisio le relate en traitant du livre de

47 Job — à savoir, Ram et Abram et Abraham : Ram était son nom avant l’engendrement d'

48 enfants, c’est-à-dire « père haut » ; Abram était son nom après l’engendrement d’enfants, c’est-à-dire

49 « père haut » ; Abraham était son nom lorsqu’il se soumit à la loi

50 de la circoncision, et crut Dieu dans la chose merveilleuse qui lui était promise

51 ainsi qu’à sa femme — à savoir, qu’un fils serait engendré d’eux dans leur vieillesse — à savoir

52 Isaac ; et c’est le même que « père de beaucoup », c’est-à-dire père de beaucoup de nations, car

53 grand fut le nombre des enfants et des nations qui naquirent d’Isaac ; et de plus,

54 il est compté comme père de tous les fidèles qui croiraient

55 dans la foi parfaite. Il est demandé, pourquoi Abraham fut-il circoncis le premier ? Pour cette

56 raison : parce qu’il lui avait été promis que de sa semence naîtrait un Sauveur

57 qui nous délivrerait de tout péché par le baptême. Mais Abraham fut

58 circoncis afin que, puisqu’il avait cru Dieu parfaitement dans son esprit, il reçût dans son corps

59 le signe de la circoncision, tant comme marque de châtiment de toute

60 souillure de la chair et de l’esprit, et pour ceux qui appartiendraient à cette semence et à cette foi.

61 Or Abraham avait quatre-vingt-dix-neuf ans lorsqu’il

62 circoncit la chair de son prépuce. Et c’est pour cette raison qu’il se soumit à

63 la loi de la circoncision à cet âge : parce que c’était alors que le Seigneur

64 lui enjoignit ce commandement ; de sorte que c’est un exemple qu’il ne convient pas

65 de retarder ni d’ajourner les divins commandements sans les accomplir au temps où

66 ils sont commandés par Dieu. Il convenait que le même jour où Dieu promit que

67 Isaac naîtrait contre nature, il reçût la circoncision, qui est le signe de la foi.

68 Or Ismaël fut circoncis dans la treizième année de son âge, ce que

69 les Arabes qui furent instruits par lui observèrent aussi. De plus, de beaucoup de nations —

70 spécialement celles qui bordent la Judée et la Palestine — les peuples sont circoncis jusqu’à ce jour ;

71 et spécialement les Égyptiens, les Iduméens, les Ammonites et les Moabites, et toute la région

72 des Sarrasins qui demeurent dans le désert. Et le même jour Abraham fut circoncis,

73 et Ismaël son fils et tous les hommes de sa maison, tant ceux nés dans la maison

74 que ceux achetés, furent circoncis ensemble. Or Isaac fut le premier à être circoncis le huitième jour :

75 car Abraham fut le premier après la circoncision à avoir un fils qui lui naquit ; et non sans mérite, puisque ce n’était pas selon la nature mais selon le commandement

76 du Seigneur qu’il était né, il fut le premier à accomplir le précepte de la circoncision.

77 Or il est commandé que la circoncision soit faite le huitième jour, car ainsi il est écrit dans la loi :

78 un enfant de huit jours sera circoncis parmi vous ; tout mâle

79 dont la chair du prépuce n’aura pas été circoncise, cette âme sera effacée de son

80 peuple, parce qu’il a rendu vaine mon alliance. Il est demandé, à quoi servait la circoncision

81 aux femmes en ces jours ? — de sorte que peut-être l’anneau d’or qui était attaché

82 à l’oreille des filles aussitôt à leur naissance tenait lieu de

83 circoncision pour elles ; ou encore, que c’était l’offrande des menses(?) et le labeur de

84 l’enfantement ; ou encore, parce que c’est l’être humain complet que l’homme et la femme font ensemble, et

85 la circoncision en l’un des deux — celle de l’homme seulement — tenait lieu de circoncision pour les deux. Or de trois

86 manières la circoncision était pratiquée : premièrement, afin que le peuple de Dieu fût reconnu

87 parmi les nations — car lorsqu’ils étaient seuls dans le désert, ils n’étaient pas circoncis ;

88 deuxièmement, afin que leurs corps fussent reconnus à la guerre ; troisièmement, à cause de la promesse de la grâce

89 en laquelle devait être apaisée par la chasteté. Le membre entier est commandé

90 d’être circoncis — premièrement, afin qu’il tempérât l’ardeur de la luxure dans le coït

91 même ; deuxièmement, parce que ce qui doit être voilé n’enlève pas, par la coupure, à

92 la décence du corps. L’éditeur omet le passage latin correspondant

93 Mais il est demandé ici concernant ce commandement de la circoncision, qu’est-ce qui poussa

94 Moïse — puisque c’était lui qui glorifia le plus ce commandement, et l’écrivit dans les livres

95 de la loi écrite — à se circoncire lui-même, car il n’est pas raconté que quelqu’un d’autre

96 ait circoncis d’enfants de lui sinon un seul fils de ses fils : sa

97 mère le circoncit avec une pierre aiguë, parce que l’ange avait destiné la mort pour elle, à moins que

98 elle ne circoncît ; mais tous ceux qui naquirent dans le désert furent laissés à être

99 circoncis sous Josué fils de Nun. L’éditeur omet le passage latin correspondant. Il est certain que c’était à cause d’un mystère que Moïse négligea

100 le commandement durant les quarante années qu’il fut dans le désert,

101 et l’accomplit pendant six cent quatre-vingts ans avant ce temps.

5738]

L’éditeur omet le passage latin correspondant 102 Car cela convient à l’interprète et au mystère de l’Écriture — que Moïse

103 exaltât la circoncision et que Josué l’accomplît ; car les figures

104 et les ombres étaient dans la loi, mais la vérité et l’accomplissement de

105 ces figures sont dans l’Évangile, comme Jean le témoigne, disant :

5742]

L’éditeur omet le passage latin correspondant 106 « La loi de l’enseignement divin fut donnée par Moïse fils d’Amram, mais la grâce et

107 la vérité furent accomplies par Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant » ; L’éditeur omet le passage latin correspondant

108 car c’est peu que l’enseignement de la loi ait servi à sanctifier quelqu’un et à le perfectionner,

109 jusqu’à ce que le Saint-Esprit vînt par Jésus-Christ avec l’enseignement de l’Évangile. L’éditeur omet le passage latin correspondant. Or avec

110 des couteaux et des pierres la circoncision était faite ; et il se peut

111 que ce fût du rocher d’où les torrents jaillirent dans le désert qu’ils étaient faits,

112 et que ce fût pour cette raison que l’apôtre dit : « le rocher qui les suivait

113 tandis qu’ils étaient dans le désert » ; ou que ce fût des torrents qui jaillirent

114 du rocher qui les accompagnait durant les quarante

115 années qu’on dit que le rocher les suivait ; ou que ce fût à cause du Christ, qui était

116 destiné par lui à être leur secours et leur règle,

117 qu’on dit que le rocher les suivait ; car c’est par le Christ seul que tous les fidèles

118 furent guéris, et sont guéris, et seront guéris. Après que

119 le peuple eut passé le fleuve Jourdain, alors Josué les circoncit dans la terre

120 qui est appelée Gilgal, c’est-à-dire « révélation », c’est-à-dire « manifestation » ; car là se manifesta à lui

121 l’ange de Dieu en armure, protégeant et gardant le peuple

122 qui fut sanctifié là par la circoncision. Or Jésus fut circoncis pour cette raison,

123 de peur qu’il ne parût transgresser la loi ; d’où il dit : je ne suis pas venu détruire la loi mais

124 l’accomplir. Notre Rédempteur, donc, qui vint dans le monde sans péché

125 pour ôter les péchés du monde, de même que par son baptême il consacra les eaux lavantes

126 des eaux, de même aussi par la circoncision qu’il subit il purifia non pas ses propres péchés — car

127 il n’y en avait point — mais enseigna que notre vieille nature devrait être renouvelée en lui-même. Pourquoi, alors,

128 l’Église du Christ passe-t-elle par la circoncision et se tourne-t-elle vers son commandement, comme elle le fait pour le baptême ? Voici

129 la raison : parce que la circoncision appartenait aux figures et aux ombres de l’Ancien

130 Testament, et celles-ci s’en allèrent quand la vérité vint dans la nouvelle présence

131 vers laquelle elles prophétisaient ; mais le baptême appartient à la vérité de la nouvelle présence vers

132 laquelle elles prophétisent ; et c’est pourquoi il demeure à jamais

133 avec l’Église. L’éditeur omet le passage latin correspondant

[lt ]3[gt ][Pour le reste, qui est presque entièrement en latin, voir l’Appendice.]

134 Le seul autre passage irlandais se trouve à la toute fin de l’homélie ; le texte de la transcription se lit comme suit :

135 Là se trouvera cet honneur — à savoir, l’unité de la noble, vénérable, toute-puissante sainte Trinité, Père et Fils et Saint-Esprit. Ô aimante miséricorde de Dieu tout-puissant, puissions-nous tous atteindre cette unité ; puissions-nous la mériter, puissions-nous y demeurer, aux siècles des siècles, amen.

136 XIV

137 « Toutes choses donc, quoi que vous vouliez que les hommes vous fassent, faites-le-leur

138 de même à vous aussi. » Tout bien, donc, que vous désirez que les hommes vous fassent,

139 faites-le-leur de même ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. car c’est la loi et

140 la prophétie.

141 Ô défenseur de tout mensonge, ô proclamateur et docteur de toute vérité,

142 ô faiseur de paix entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, Sauveur du monde entier,

143 c’est lui qui prononça ces paroles pour instruire ses apôtres et ses disciples, et toute

144 son Église, concernant l’ordonnance de l’aumône — à savoir, que les hommes fassent le bien

145 et fassent l’aumône à leur prochain, comme ils voudraient que tous les biens leur fussent faits à eux-mêmes ; c’est à eux

146 que Jésus dit : « toutes choses, L’éditeur omet le passage latin correspondant ».

147 Or Matthieu fils d’Alphée, le prudent ancien des Hébreux, le

148 quatrième homme qui écrivit et raconta le divin Évangile, c’est lui qui écrivit

149 ces paroles dans le corps de l’Évangile, disant sur la trace de son maître

150 Jésus : « toutes choses quoi que vous vouliez ». La connexion de ce conseil : c’est le côté proche de

151 Matthieu où il avait dit avant cela : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « Si vous, étant hommes, savez donner

152 de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste

153 donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le demandent » ; de sorte que c’est sur la trace de ces paroles

154 que Jésus donna ce conseil : « toutes choses, L’éditeur omet le passage latin correspondant ». Car la loi et

155 la prophétie enjoignent de donner l’amour à son prochain ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. car c’est le pilier et le sommet

156 de l’enseignement divin — l’aumône ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. car l’aumône est la vertu propre des

157 chrétiens : L’éditeur omet le passage latin correspondant. car les autres vertus, elles sont avec les bons hommes et avec les mauvais ;

158 L’éditeur omet le passage latin correspondant. mais l’aumône n’appartient qu’aux bons hommes ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et c’est pourquoi

159 Jésus dit : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « Tous les hommes sauront que vous êtes de ma

160 compagnie, si vous avez de l’amour l’un pour l’autre » ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et Jésus dit encore :

161 L’éditeur omet le passage latin correspondant. « Voici mon commandement pour vous, que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai

162 aimés. » L’éditeur omet le passage latin correspondant. Or comment l’amour doit être donné, Jésus lui-même le déclare :

163 L’éditeur omet le passage latin correspondant. c’est lui qui enseigne maintes fois dans l’Écriture que les amis doivent être aimés

164 en elle, et les ennemis aimés à cause d’elle ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. car tel est le dû

165 de l’aumône en vérité — aimer son ami en Dieu et son ennemi à cause de Dieu.

5800]

L’éditeur omet le passage latin correspondant 166 Car beaucoup d’hommes aiment leurs prochains, et non pour l’amour de l’aumône, mais pour

167 la parenté charnelle ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. ceux-là, donc, aiment leur prochain, et non pour

168 l’amour de l’aumône, et il n’y a pas de récompense pour cela ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. car ce n’est pas vers la perfection qu’ils aiment,

169 mais vers la chair ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et c’est pourquoi, lorsque le Seigneur dit :

5804]

L’éditeur omet le passage latin correspondant 170 « Voici mon commandement pour vous, que vous vous aimiez les uns les autres », et il le mérita aussitôt,

171 « comme je vous ai aimés » ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. comme s’il avait dit clairement :

172 « aimez-vous les uns les autres, pour cette cause — parce que je vous ai aimés. »

5807]

L’éditeur omet le passage latin correspondant 173 Ce ne fut pour aucune autre cause que Jésus aima ses apôtres, sinon pour l’amour embrasant et pour l’aumône ;

174 L’éditeur omet le passage latin correspondant. comme ce n’était donc pour aucune autre cause que Jésus aima

175 ses disciples sinon pour l’amour embrasant et pour l’aumône, de même que chacun de

176 nous aime l’autre, et non pour la parenté charnelle ni pour l’avantage

177 mondain, mais pour la charité et pour l’aumône ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et tout ce que nous souhaitons

178 qui nous soit fait par nos prochains, faisons-le-leur de même,

5813]

L’éditeur omet le passage latin correspondant 179 et c’est pourquoi Jésus dit ici : « toutes choses, L’éditeur omet le passage latin correspondant ». Or comme nous désirons

180 le secours de nos prochains en tout ce dont nous avons besoin — si nous étions

181 affamés, qu’ils nous donnassent à manger ; si nous étions assoiffés, qu’ils nous donnassent à boire ;

182 si nous avions besoin d’une hôtellerie, qu’ils nous donnassent l’hospitalité ;

183 si nous étions nus, qu’ils nous donnassent des vêtements ; si nous étions

184 malades, qu’ils vinssent nous visiter ; si nous étions en prison, qu’ils vinssent

185 nous délivrer — de même donnons avec empressement notre secours

186 à nos prochains en tout ce dont ils ont besoin. L’éditeur omet le passage latin correspondant. Et comme nous ne souhaitons pas

187 être blessés par quiconque autre sur la terre, de même ne blessons

188 personne ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et comme nous désirons le pardon des gens qui nous ont blessés,

189 de même donnons le pardon aux gens qui nous ont blessés. L’éditeur omet le passage latin correspondant. Et

190 que chacun de nous donne secours à un autre, autant qu’il le peut : L’éditeur omet le passage latin correspondant. celui qui est fort,

191 qu’il fortifie le faible ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. celui qui est prompt et agile, qu’il pousse en avant le paresseux ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. celui qui est

192 vigilant, qu’il réveille l’endormi ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. celui qui est abstinent, qu’il reprenne le glouton ;

5827]

L’éditeur omet le passage latin correspondant 193 celui qui est chaste, qu’il avertisse l’adultère ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. celui qui est fervent

194 et charitable, qu’il enjoigne la charité à un autre ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. celui qui est doux et

195 patient, qu’il convoque l’homme colère avec douceur et avec bienveillance et avec amour et

196 avec charité ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. celui qui est fervent et joyeux dans la joie spirituelle, qu’il chasse

197 la tristesse mondaine de son prochain ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. celui qui est sage et constant, qu’il enseigne

198 la sagesse à un autre ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. celui qui dompte en lui-même la passion de la vaine gloire,

199 qu’il dompte la vaine gloire d’un autre ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. celui qui est humble et modeste, qu’il amène

200 l’homme orgueilleux jusqu’à l’humilité.

201 L’éditeur omet le passage latin correspondant. Or lorsque nous faisons toutes ces choses par pieuse affection

202 envers nos prochains, alors nous accomplissons le commandement qui est prêché ici,

203 « toutes choses, L’éditeur omet le passage latin correspondant ». Et ici aussi nous accomplissons ce commandement :

204 « aime ton prochain comme tu t’aimes toi-même ». L’éditeur omet le passage latin correspondant. Et quoique ce commandement soit

205 étroit en paroles, il est pourtant large en sens et en interprétation et en équité ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. car

206 de toutes les choses qui sont commandées dans la loi divine et qui ne sont pas accomplies dans ce commandement

207 de l’aumône — qu’y a-t-il ? comme l’apôtre le témoigne, disant : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « c’est l’aumône(charité)

208 en vérité qui accomplit la loi divine » ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et c’est pourquoi il est confirmé

209 ici : « car c’est la loi et les prophètes » — L’éditeur omet le passage latin correspondant. comme s’il avait dit, c’est

210 l’aumône en vrai langage qui accomplit et couronne la loi divine et la

211 prophétie. L’éditeur omet le passage latin correspondant. Car ce commandement de l’aumône est enjoint dans la loi lorsque

212 il est dit : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « si tu trouves le bœuf de ton ami errant sur la montagne,

213 ne le laisse pas passer, mais prends-le avec toi » ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et le même commandement de l’aumône est enjoint dans

214 la prophétie lorsqu’il est dit : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « partage et romps ton pain

215 pour les affamés, et donne accueil et hospitalité aux gens qui en ont

216 besoin » ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. « si tu trouves quelqu’un sans vêtement, donne-lui un vêtement, et

217 ne le méprise pas ni ne le néglige, mais comme ton propre corps. » L’éditeur omet le passage latin correspondant. Or ce qui

218 fut enjoint là dans les commandements de l’Ancien Testament, la même chose Jésus l’enseigne

219 ici dans le Nouveau, disant : « toutes choses », L’éditeur omet le passage latin correspondant.

220 Or c’est en louange de l’aumône que Salomon dit : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « l’aumône est forte et

221 puissante comme la mort » ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. car comme la mort sépare l’âme

222 du corps, ainsi l’aumône sépare l’esprit parfait des

223 joies terrestres pour les joies célestes. L’éditeur omet le passage latin correspondant. Et Salomon dit encore

224 en louange de l’aumône : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « la lampe de l’aumône est une lampe de feu et de flamme. »

5859]

L’éditeur omet le passage latin correspondant 225 Les lampes dont il est parlé ici sont les âmes des saints et des justes,

226 pleines de l’amour du Seigneur ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. elles aiment leurs prochains comme

227 elles s’aiment elles-mêmes ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. ces lampes sont de feu et de flamme : L’éditeur omet le passage latin correspondant. la lampe de feu d’abord

228 dans l’aumône, lorsqu’elles brûlent au-dedans ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. la lampe de flamme de plus dans

229 les œuvres de justice, lorsqu’elles brillent au-dehors vers tous ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et c’est pourquoi

230 Salomon dit : « les grandes eaux ne purent éteindre

231 l’aumône(charité). » L’éditeur omet le passage latin correspondant. Les eaux et les fleuves dont Salomon parle ici sont

232 les assauts des tentations, par lesquels les justes sont éprouvés, qu’ils le veuillent ou non ;

5867]

L’éditeur omet le passage latin correspondant 233 car les justes sont éprouvés de ces trois manières — par

234 les fausses persécutions, par les paroles flatteuses, par les pièges

235 rusés de l’ancien ennemi, le diable ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. pourtant ils ne sont pas vaincus par

236 aucun de ces moyens — et à juste titre, car ils sont pleins de charité et de miséricorde,

237 d’amour et de crainte du Seigneur ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et c’est pourquoi ils disent

238 hardiment avec l’apôtre : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « Quelle chose, dit l’apôtre, séparera

239 nous de l’amour du Christ ? sera-ce la tribulation, ou la détresse, ou la persécution,

240 ou la faim, ou la misère, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ? » L’éditeur omet le passage latin correspondant. « Quand bien

241 un homme donne son aumône, tout son trésor aux pauvres du Seigneur,

242 ce n’est rien du tout devant Dieu pour la grandeur de l’aumône. » L’éditeur omet le passage latin correspondant. Car merveilleuse,

243 « l’homme donne son aumône, tout son trésor aux pauvres du Seigneur ;

244 ce n’est rien du tout devant Dieu pour la grandeur de l’aumône. » L’éditeur omet le passage latin correspondant. Car merveilleuse,

245 grande et merveilleuse est l’aumône — un vrai témoin des trésors

246 terrestres : L’éditeur omet le passage latin correspondant. car il convient de mépriser les trésors terrestres

247 pour l’amour des trésors célestes. L’éditeur omet le passage latin correspondant. Il convient, de plus, que beaucoup soient dans le portique et dans la nouvelle présence

248 lorsque l’aumône prend force ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. car c’est pour ses aumônes

249 et pour sa douceur et pour ses offrandes que Dieu se plut en Abel,

250 fils d’Adam ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. c’est pour ses aumônes de plus que Noé fut sauvé sur les flots du

251 Déluge ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. c’est pour ses aumônes et pour sa parfaite humilité qu’Abraham fut sauvé

252 des dangers qu’il rencontra dans son pèlerinage ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. c’est pour ses aumônes et pour sa douceur

253 que Moïse fils d’Amram fut sauvé des épreuves dans lesquelles il était ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. c’est pour ses

254 aumônes et pour la force de sa foi que David fut sauvé des persécutions

255 qu’il souffrit dans son exil : L’éditeur omet le passage latin correspondant. c’est pour leurs aumônes que les trois enfants furent sauvés de la

256 fournaise ardente dans laquelle ils furent jetés ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. c’est pour ses aumônes que

257 la virginité de Marie fut préservée et qu’elle fut sauvée du lit des hommes ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. c’est pour ses aumônes que

258 Paul l’apôtre reprit Pierre l’apôtre ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. c’est pour ses aumônes que

259 Pierre accepta de lui sa réprimande ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. c’est pour l’aumône que les chrétiens confessent

260 leurs péchés au Seigneur des éléments ; c’est pour l’aumône de plus que leurs péchés sont

261 déliés et pardonnés par Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant. L’éditeur omet le passage latin correspondant. Or ce trésor de l’aumône ne se trouve pas

262 par aucun autre moyen, sinon par le don du

263 Saint-Esprit, comme l’apôtre le témoigne, disant : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « l’amour de Dieu est répandu

264 dans nos cœurs, dit l’apôtre, et c’est par le Saint-Esprit

265 qui nous est donné que vient ce trésor. » L’éditeur omet le passage latin correspondant. C’est le trésor par lequel

266 tous les péchés sont déliés et pardonnés aux hommes, comme

267 Jésus lui-même le dit de Marie-Madeleine à cause de la grandeur de ses aumônes : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « ses nombreux péchés sont

268 pardonnés et déliés, dit Jésus, à Marie-Madeleine, pour la grandeur de sa

269 miséricorde et de ses aumônes » ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et l’apôtre dit encore en louange de l’aumône :

270 « l’aumône couvre une multitude de péchés. »

271 L’éditeur omet le passage latin correspondant. C’est le trésor royal par lequel les justes atteignent le royaume céleste,

272 comme l’apôtre le dit : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « je vous montre maintenant une voie qui est plus noble

273 encore » — à savoir, la voie de l’aumône. L’éditeur omet le passage latin correspondant. Or le Seigneur aime celui qui aime l’aumône ;

274 L’éditeur omet le passage latin correspondant. l’aumône aime celui qui aime son prochain ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. mais celui qui n’est pas dans

275 l’aumône n’est pas en Dieu, car l’aumône est un nom de Dieu. L’éditeur omet le passage latin correspondant. C’est en louange de

276 l’aumône que l’apôtre dit : L’éditeur omet le passage latin correspondant. « quand je parlerais les langues des hommes et des

277 anges, si je n’ai pas l’aumône(charité), je suis devenu comme un airain qui sonne ou

278 une cymbale qui tinte » ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. ou quand j’aurais la prophétie, ou quand je connaîtrais tous

279 les mystères et les choses cachées de l’avenir, et quand j’aurais toute la foi de sorte que je

280 pusse transporter les montagnes, si je n’ai pas l’aumône(charité), cela ne me sert

281 à rien ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. et quand je distribuerais tous mes biens aux pauvres du Seigneur, et quand

282 je livrerais mon corps au feu pour être brûlé, si je n’ai pas l’aumône(charité),

283 cela ne me sert à rien du tout. L’éditeur omet le passage latin correspondant. L’aumône(charité) est patiente et bienveillante :

284 elle n’envie point, elle ne fait rien en vain ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. elle ne s’enfle point,

285 elle n’est pas convoitise — l’aumône ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. elle ne cherche point son propre intérêt ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. elle ne s’irrite

286 point contre un autre ; elle ne fait pas de mal, elle ne pense pas de mal

287 du monde ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. elle est affligée par l’injustice, mais se réjouit en présence

288 de la vérité ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. elle endure toutes les persécutions, croit toutes les

289 promesses, espère toutes les récompenses. L’éditeur omet le passage latin correspondant. L’aumône demeure à jamais ;

290 L’éditeur omet le passage latin correspondant. l’aumône n’est pas emportée au milieu des reproches, des rougeurs et des maux, mais douce,

291 belle, paisible au milieu des haines ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. douce au milieu des colères,

292 innocente au milieu des tromperies ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. elle s’afflige [et soupire et pleure] de

293 l’injustice faite en sa présence, mais se réjouit dans la vérité. L’éditeur omet le passage latin correspondant. Ô

294 frères bien-aimés, donc, dit le sage, désirez l’aumône pour

295 la faire !

[lacune : étendue : 5 lignes]

296 Or les gens qui n’aiment pas ce trésor de l’aumône ici-bas,

297 seront laissés après la mort dans l’abîme de l’enfer, pour être tourmentés et être damnés

298 aux siècles des siècles ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. là une vengeance sans merci frappera les gens qui

299 n’ont point usé de merci ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. là tous les sans-merci seront condamnés à

300 des croix, des peines et des tortures multiples ; L’éditeur omet le passage latin correspondant. là ils n’auront

301 ni repos ni refuge, mais une peine

302 éternelle, sans fin, sera la leur.

303 Mais ceux qui ont suivi cette haute vertu de la charité seront appelés dans le

304 royaume céleste, où demeure la charité qui ne défaille pas ; où il n’y aura point

305 d’infirmité, car tous seront en perpétuelle santé ; où point de mort, car

306 tous jouiront de la vie éternelle ; où point de discorde, car tous reposeront dans

307 la plus haute paix ; où point de faim, car tous seront rassasiés du pain céleste ;

308 où est la compagnie des neuf ordres du ciel qui ne pèchent point ;

309 où est l’unité de la divinité de Jésus-Christ ; où est la plus haute unité de la sainte

310 Trinité, Père et Fils et Saint-Esprit.

311 Ô aimante miséricorde de Dieu tout-puissant, puissions-nous tous atteindre cette unité :

312 puissions-nous la mériter, puissions-nous y demeurer, aux siècles des siècles, amen.

313 Ici commence « SUR L’AUMÔNE » (DON ALMSAIN).

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