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The History of the Kings of Britain - Book Eleven

·3091 mots·15 mins

Chapitre premier : Modred fait un grand carnage des hommes d’Arthur, mais est battu et s’enfuit à Winchester. #

1 De la matière qui va maintenant être traitée, très noble consul, Geoffroy de Monmouth gardera le silence ; néanmoins, quoique dans un humble style, il racontera brièvement ce qu’il a trouvé dans le livre britannique mentionné ci-dessus, et ce qu’il a entendu de ce très savant historien, Walter, archidiacre d’Oxford, touchant les guerres que ce roi renommé, après être retourné en Bretagne à la suite de cette victoire, livra contre son neveu. Dès donc que le bruit de cette flagrante scélératesse lui parvint, il abandonna aussitôt son entreprise contre Léon, roi des Romains ; et, ayant renvoyé Hoël, duc des Armoricains, avec l’armée de la Gaule pour rétablir la paix en ces contrées, il retourna promptement en Bretagne, accompagné seulement des rois des îles et de leurs armées. Mais le méchant traître, Modred, avait envoyé Cheldric, le chef saxon, en Germanie pour lever toutes les forces qu’il pourrait y trouver et revenir en toute hâte ; et, en récompense de ce service, lui avait promis toute cette partie de l’île qui s’étend de la Humber jusqu’à l’Écosse, ensemble tout ce que Hengist et Horsus avaient possédé dans le Kent au temps de Vortegim. En conséquence, obéissant à ses ordres, Cheldric arriva avec huit cents navires remplis de soldats païens et entra dans une alliance d’obéir au traître comme à son souverain. Modred avait aussi attiré à son aide les Écossais, les Pictes, les Irlandais et tous les autres qu’il savait ennemis de son oncle. Toute son armée, païens et chrétiens ensemble, s’élevait à quatre-vingt mille hommes. Avec leur aide, il alla à la rencontre d’Arthur juste après son débarquement au port de Rutupi et, engageant la bataille avec lui, fit un très grand carnage de ses hommes. En ce même jour tombèrent Augusel, roi d’Albanie, et Walgan, le neveu du roi, ensemble avec d’innombrables autres. Augusel eut pour successeur dans son royaume Eventus, fils de son frère Urian, qui ensuite accomplit de nombreux exploits fameux dans ces guerres. Après que les forces d’Arthur eurent enfin, à grand-peine, gagné le rivage, elles rendirent le carnage et mirent Modred et son armée en fuite. Par une longue expérience de la guerre, ils avaient appris une excellente manière d’ordonner leurs forces. C’était disposé de telle façon que, tandis que leurs soldats de pied étaient engagés soit à l’assaut soit en défense, les cavaliers chargeaient de biais à toute vitesse, brisaient les rangs ennemis et ainsi les contraignaient à fuir. Néanmoins, cet usurpateur parjure rassembla de nouveau ses forces et entra dans Winchester la nuit suivante. Dès que la reine Guanhumara entendit cela, elle désespéra aussitôt du succès et s’enfuit d’York à la Cité des Légions, où elle résolut de mener une vie chaste parmi les religieuses dans l’église de Jules le Martyr et d’entrer elle-même dans leur ordre.

Chapitre deux : Modred, après avoir été deux fois assiégé et mis en déroute, est tué. Arthur, étant blessé, cède le royaume à Constantin. #

1 Mais Arthur, dont la colère était maintenant bien plus enflammée par la perte de tant de centaines de ses compagnons d’armes, ensevelit ses morts et, au troisième jour, avança vers la cité, où il assiégea le traître. Modred, cependant, ne voulut pas abandonner son entreprise, mais usa de tous les moyens pour encourager ses partisans et, sortant avec ses troupes, se prépara à combattre son oncle. Dans la bataille qui suivit, un grand nombre perdirent la vie des deux côtés ; mais enfin l’armée de Modred souffrit le plus, de sorte qu’il fut contraint de quitter le champ avec déshonneur. De là il s’enfuit précipitamment et, sans prendre nul soin d’ensevelir ses morts, marcha en hâte vers la Cornouaille. Arthur, intérieurement affligé qu’il eût échappé si souvent, le poursuivit aussitôt dans ce pays jusqu’à la rivière Cambula, où Modred attendait son arrivée. Et Modred, étant le plus hardi des hommes et toujours le plus prompt à attaquer, rangea aussitôt ses troupes, résolu ou de vaincre ou de mourir plutôt que de poursuivre sa fuite plus longtemps. Il avait encore soixante mille hommes demeurant avec lui, desquels il forma trois divisions, chacune contenant six mille six cent soixante-six hommes ; tous les autres il les joignit en un seul corps. Ayant assigné des chefs à chacune des autres divisions, il prit lui-même le commandement de celle-ci. Après avoir ainsi ordonné ses forces, il s’efforça de leur inspirer du courage et leur promit les domaines de leurs ennemis s’ils sortaient victorieux. Arthur, de l’autre côté, rangea aussi son armée, la divisant en neuf compagnies carrées avec une aile droite et une aile gauche. Ayant institué des commandants à chacune d’elles, il les exhorta à mettre entièrement en déroute ces brigands et vilains parjures qui, ayant été amenés dans l’île de pays étrangers à l’instigation de l’architraître, tentaient de les dépouiller de tous leurs honneurs. Il leur dit aussi qu’une armée mélangée composée de peuples barbares de tant de pays différents, tous soldats novices sans expérience de la guerre, ne pourrait jamais tenir contre des troupes aussi braves et aguerries que les leurs, pourvu qu’elles fissent leur devoir. Après que chaque général eut donné cet encouragement à ses compagnons d’armes, la bataille s’engagea soudain avec une grande fureur. Il serait à la fois douloureux et fastidieux de raconter le carnage, le cruel ravage et l’extrême fureur déployés des deux côtés. De cette manière ils passèrent une bonne partie du jour, jusqu’à ce qu’Arthur lançât enfin une attaque avec sa compagnie de six mille six cent soixante-six hommes contre la division dans laquelle il savait être Modred. Ayant ouvert un chemin par leurs épées, ils la percèrent de part en part et infligèrent un cruel carnage. Dans cet assaut le méchant traître lui-même tomba, ensemble avec plusieurs milliers. Pourtant, malgré sa perte, le reste ne s’enfuit pas, mais se rassembla de toutes parts du champ et tint ferme avec un courage intrépide. Le combat s’anima alors plus furieux que jamais et se révéla fatal à presque tous les commandants et à leurs forces. Du côté de Modred tombèrent Cheldric, Elasius, Egbrict et Bunignus, Saxons ; Gillapatric, Gillamor, Gistafel et Gillarius, Irlandais ; ainsi que les Écossais et les Pictes, avec presque tous leurs chefs. Du côté d’Arthur tombèrent Olbrict, roi de Norvège ; Aschillius, roi de Dacie ; Cador Limenic ; Cassibellaun ; et plusieurs milliers d’autres, tant Bretons qu’étrangers, qu’il avait amenés avec lui. Le renommé roi Arthur lui-même fut mortellement blessé ; et, étant porté de là à l’île d’Avallon pour être guéri de ses blessures, il céda la couronne de Bretagne à son parent Constantin, fils de Cador, duc de Cornouaille, en la cinq cent quarante-deuxième année de l’incarnation de notre Seigneur.

Chapitre trois : Constantin rencontre des troubles de la part des Saxons et des fils de Modred. #

1 Lorsque Constantin monta sur le trône, les Saxons, ensemble avec les deux fils de Modred, se soulevèrent en insurrection contre lui, quoique sans succès ; car après de nombreuses batailles ils s’enfuirent, l’un à Londres et l’autre à Winchester, et prirent possession de ces lieux. Alors mourut saint Daniel, le pieux prélat de l’église de Bangor ; et Théon, évêque de Gloucester, fut élu archevêque de Londres. Au même temps mourut aussi David, le pieux archevêque des Légions, à la cité de Menevia, dans sa propre abbaye, qu’il aimait par-dessus tous les autres monastères de son diocèse parce que saint Patrick, qui avait prophétiquement prédit sa naissance, l’avait fondée. Tandis qu’il résidait là parmi ses frères, il fut frappé d’une soudaine maladie, dont il mourut, et, au commandement de Malgo, roi des Vénédotiens, fut enseveli dans cette église. Il eut pour successeur au siège métropolitain Kinocus, évêque de l’église de Lampatem, qui fut ainsi élevé à une plus haute dignité.

Chapitre quatre : Constantin, après avoir assassiné les fils de Modred, est lui-même tué par Conan. #

1 Mais Constantin poursuivit les Saxons et les amena sous son joug. Il captura aussi les deux fils de Modred ; et l’un d’eux, qui s’était enfui en asile dans l’église de saint Amphibaius à Winchester, il l’assassina devant l’autel. L’autre s’était caché dans un couvent de frères à Londres, mais enfin Constantin le découvrit, l’amena devant l’autel et le mit à mort là. Trois ans plus tard, Constantin lui-même fut tué par Conan, tandis que la vengeance de Dieu le poursuivait, et fut enseveli tout près d’Uther Pendragon à l’intérieur de la structure de pierres qui avait été érigée avec un art merveilleux non loin de Salisbury et était appelée Stanheng dans la langue anglaise.

Chapitre cinq : Aurelius Conan règne après Constantin. #

1 Après lui vint Aurelius Conan, son neveu, jeune homme d’une valeur remarquable qui, lorsqu’il obtint la monarchie de toute l’île, aurait été digne de sa couronne s’il n’eût pris plaisir à la guerre civile. Il souleva des troubles contre son oncle, qui aurait dû régner après Constantin, et le jeta en prison ; puis, après avoir tué ses deux fils, il obtint le royaume, mais mourut en la seconde année de son règne.

Chapitre six : Wortiporius, déclaré roi, vainc les Saxons. #

1 Après Conan vint Wortiporius, contre qui les Saxons se rebellèrent et amenèrent leurs compatriotes de Germanie dans une très grande flotte. Mais il leur livra bataille et en sortit victorieux, de sorte qu’il obtint la monarchie de tout le royaume et gouverna le peuple avec soin et paix durant quatre ans.

Chapitre sept : Malgo, roi de Bretagne, personne des plus gracieuses, s’adonne à la sodomie. #

1 Après lui vint Malgo, l’un des plus beaux hommes de Bretagne, grand fléau des tyrans, homme de grande force, d’extraordinaire générosité et de valeur sans pareille, mais fort adonné au détestable vice de la sodomie, par lequel il se rendit abominable à Dieu. Il posséda aussi toute l’île, à laquelle, après une cruelle guerre, il ajouta les six îles provinciales, à savoir l’Irlande, l’Islande, le Gothland, les Orcades, la Norvège et la Dacie.

Chapitre huit : La Bretagne, dans la flamme d’une guerre civile sous le roi Careticus, est misérablement dévastée par les Saxons et les Africains. #

1 Après Malgo vint Careticus, amoureux de la guerre civile qui était odieux à Dieu et aux Bretons. Les Saxons, découvrant sa disposition inconstante, allèrent en Irlande chercher Gonnund, roi des Africains, qui y était arrivé avec une très grande flotte et avait soumis ce pays. De là, à leur perfide instigation, il navigua vers la Bretagne, qui était entièrement dévastée par les perfides Saxons d’une part et par les Bretons d’autre part à travers leurs continuelles guerres entre eux. Entrant en alliance avec les Saxons, il fit la guerre au roi Careticus et, après plusieurs batailles, le chassa de cité en cité jusqu’à ce qu’enfin il le contraignît à entrer dans Cirecester et l’assiégeât là. Ici Isembard, le neveu de Lewis, roi des Francs, vint et fit avec lui une ligue d’amitié. Par respect pour lui, Isembard renonça à la foi chrétienne à condition qu’il l’aidât à gagner le royaume de Gaule de son oncle, par lequel, disait-il, il en avait été expulsé par force et injustement. Enfin, après avoir pris et brûlé la cité, il livra une autre bataille à Careticus et le contraignit à fuir au-delà de la Severn dans le pays de Galles. Il dévasta alors entièrement le pays, mit le feu aux cités voisines et continua ces outrages jusqu’à ce qu’il eût presque brûlé toute la surface de l’île d’une mer à l’autre. Ainsi la culture fut partout détruite, et les laboureurs et le clergé furent généralement massacrés par le feu et l’épée. Cette terrible calamité contraignit ceux qui demeuraient à fuir partout où ils avaient quelque espérance de salut.

Chapitre neuf : L’auteur invective les Bretons. #

1 « Pourquoi, nation insensée, oppressée par le poids de ton abominable méchanceté, pourquoi as-tu, dans ton insatiable soif des guerres civiles, si affaibli ta force par le conflit interne que, alors que tu soumettais jadis des royaumes lointains sous ton joug, tu es maintenant, comme une bonne vigne qui a dégénéré et tourné en amertume, incapable de défendre ton pays, tes femmes ou tes enfants contre tes ennemis ? Poursuis, poursuis tes dissensions civiles, comprenant à peine le dire de l’Évangile : “Tout royaume divisé contre lui-même sera réduit en désolation, et une maison divisée contre elle-même tombera” [Luc 11:17]. Puisque donc ton royaume était divisé contre lui-même ; puisque la fureur de la discorde civile et les fumées de l’envie ont obscurci tes esprits ; et puisque ton orgueil ne t’a pas permis d’obéir à un seul roi, tu vois maintenant ton pays gisant désolé par des païens impies et tes maisons tombant l’une sur l’autre. Cela causera un durable chagrin à tes descendants. Car les barbares lionnes verront leurs petits jouissant des villes, cités et autres possessions de tes enfants, desquelles ils seront misérablement expulsés et qu’ils ne recouvreront guère, si jamais, leur ancienne prospérité. »

Chapitre dix : La Loegrie est de nouveau habitée par les Saxons. Les Bretons, avec leurs évêques, se retirent en Cornouaille et au pays de Galles. #

1 Mais pour revenir à l’histoire : lorsque l’inhumain tyran, avec plusieurs milliers de ses Africains, eut dévasté presque toute l’île, il en céda la plus grande partie, appelée Loegrie, aux Saxons, dont la vilenie avait causé son arrivée. Les Bretons demeurants se retirèrent donc dans les parties occidentales du royaume, à savoir la Cornouaille et le pays de Galles, d’où ils faisaient continuellement de fréquentes et féroces attaques sur l’ennemi. Lorsque les trois archevêques — à savoir l’archevêque des Légions, Théon de Londres et Thadiocée d’York — virent toutes les églises dans leurs juridictions rasées jusqu’au sol, ils s’enfuirent, ensemble avec tout le clergé qui avait survécu à une si grande destruction, vers l’abri des bois du pays de Galles. Ils emportèrent avec eux les reliques des saints, craignant que les sacrés ossements de tant de saints hommes d’antan ne fussent détruits par les barbares s’ils les laissaient en un si imminent danger, et qu’eux-mêmes ne subissent aussitôt le martyre. Beaucoup d’autres traversèrent dans une grande flotte vers la Bretagne armorique, de sorte que toute l’église des deux provinces, Loegrie et Northumberland, eut ses couvents détruits. Mais je raconterai ces choses ailleurs, lorsque je traduirai le livre touchant leur bannissement.

Chapitre onze : Les Bretons perdent leur royaume. #

1 Dur longtemps après cela, les Bretons furent dépossédés de la couronne du royaume et de la monarchie de l’île, et ne firent nulle tentative de recouvrer leur ancienne dignité. Même cette partie du pays qui leur demeurait encore, étant sujette non à un roi mais à trois tyrans, était souvent dévastée par les guerres civiles. Les Saxons n’avaient pas encore obtenu la couronne non plus, mais eux aussi étaient sujets à trois rois, qui parfois se harcelaient l’un l’autre et parfois les Bretons.

Chapitre douze : Augustin, envoyé par le pape Grégoire en Bretagne, prêche l’Évangile aux Angles. #

1 Cependant, Augustin fut envoyé par le pape saint Grégoire en Bretagne pour prêcher la parole de Dieu aux Angles, qui, aveuglés par la superstition païenne, avaient entièrement éteint le christianisme dans la partie de l’île qu’ils possédaient. Parmi les Bretons, cependant, la foi chrétienne fleurissait encore et n’avait jamais défailli parmi eux depuis le temps du pape Éleuthère, lorsqu’elle y fut premièrement plantée. Mais lorsque Augustin arriva, il trouva dans leur province sept évêchés et un archevêché, tous occupés par les plus dévots prélats, ainsi qu’un grand nombre d’abbayes, par lesquelles le troupeau du Christ était encore gardé en bon ordre. Parmi celles-ci était une très noble église dans la cité de Bangor, dans laquelle, rapporte-t-on, il y avait tant de moines que, lorsque le monastère fut divisé en sept parties, chacune avec son propre prieur, pas une n’avait moins de trois cents moines, qui tous vivaient du labeur de leurs propres mains [1 Corinthiens 4:12]. Leur abbé se nommait Dinoot, homme admirablement versé dans les arts libéraux. Lorsqu’Augustin exigea la soumission des évêques bretons et chercha à les persuader de se joindre à lui dans l’œuvre de prêcher l’Évangile parmi les Angles, Dinoot lui répondit par plusieurs arguments qu’ils ne lui devaient nulle soumission et ne prêcheraient pas à leurs ennemis, puisqu’ils avaient leur propre archevêque et que la nation saxonne persistait à les priver de leur pays. Pour cette raison, ils les regardaient comme leurs ennemis mortels, estimaient leur foi et leur religion sans valeur, et ne communieraient pas plus avec les Angles qu’avec des chiens.

Chapitre treize : Edelfrid tue un grand nombre de moines bretons, mais est enfin mis en déroute par les Bretons. #

1 C’est pourquoi Hedelbert, roi du Kent, voyant que les Bretons rejetaient la soumission à Augustin et méprisaient sa prédication, fut grandement provoqué et excita Edelfrid, roi des Northumbriens, et les autres petits rois des Saxons à lever une grande armée et à marcher vers la cité de Bangor pour détruire l’abbé Dinoot et le reste du clergé qui les tenaient en mépris. À son instigation, donc, ils assemblèrent une immense armée et, tandis qu’ils marchaient vers la province des Bretons, vinrent à Legecester, où Brocinail, consul de la cité, attendait leur arrivée. D’innombrables moines et ermites de plusieurs provinces des Bretons, mais surtout de la cité de Bangor, étaient aussi venus en cette cité pour prier pour le salut de leur peuple. Alors Edelfrid, roi des Northumbriens, rassembla toutes ses forces et engagea la bataille avec Brocinail, qui, ayant une plus petite armée avec laquelle lui résister, abandonna enfin la cité et s’enfuit, quoique non sans infliger un grand carnage à l’ennemi. Mais lorsque Edelfrid eut pris la cité et apprit pourquoi les moines y étaient venus, il ordonna à ses hommes de tourner leurs armes contre eux d’abord ; et ainsi deux cents d’entre eux furent honorés de la couronne de martyre et admis dans le royaume des cieux ce même jour. De là, ce tyran saxon poursuivit sa marche vers Bangor ; mais lorsque la nouvelle de sa folie outrageuse leur parvint, les chefs des Bretons, à savoir Blederic, duc de Cornouaille, Margadud, roi des Démétiens, et Caduan, des Vénédotiens, vinrent de toutes parts à sa rencontre et, engageant la bataille avec lui, le blessèrent et le contraignirent à fuir. Ils tuèrent dix mille soixante-six hommes de son armée. Du côté des Bretons tomba Blederic, duc de Cornouaille, qui était leur commandant dans ces guerres.

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