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Sur la Sainte Trinité

·1621 mots·8 mins

1 Lorsque l’on parle de Dieu, très chers frères, tout comme le désir de contester est extrêmement néfaste, la diligence dans la recherche est, elle, extrêmement bénéfique. Car dans le premier cas, l’esprit s’endurcit par l’obstination, tandis que dans le second, l’intellect se nourrit de la recherche. Là, l’incrédulité récalcitrante se complaît dans sa propre corruption, tandis qu’ici, l’humilité obéissante est récompensée par la sagesse. C’est pourquoi, frères bien-aimés, préparez le sanctuaire de vos cœurs saints comme un vase destiné à recevoir les eaux jaillissantes de la grâce divine. Et ce que nous aspirons à révéler concernant le mystère de la Sainte Trinité et la divinité du Saint-Esprit, recevez-le dans le silence et le respect. Car nous souhaitons confirmer, par le témoignage des Saintes Écritures, comment le Saint-Esprit peut être clairement reconnu comme égal au Père et au Fils dans toutes les puissances divines.

2 Nous lisons dans l’Ancien Testament : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre, et l’Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux ». En Dieu, reconnaissez le Père ; dans le Commencement, comprenez le Fils ; et dans Celui qui planait au-dessus des eaux, reconnaissez le Saint-Esprit. Déjà alors, je crois, la présence majestueuse de l’Esprit au-dessus des eaux préfigurait la grâce du baptême.

3 De plus, en créant l’humanité, Dieu révèle l’œuvre non pas d’une seule personne, mais de trois, à travers la triple répétition du nom divin. Car il est écrit : « Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ». Remarquez comment la phrase commence par un sujet au singulier mais se poursuit par une réponse au pluriel. « Puis Dieu dit : Faisons l’homme » — qu’est-ce que cela signifie, sinon que l’unité de l’essence divine parle, tandis que la puissance de la Trinité agit ?

4 Observez comment, lors de la création de l’humanité, le nom de Dieu est invoqué trois fois, signifiant les trois personnes : « Alors Dieu dit : Faisons l’homme » — ici, c’est le Père qui parle. « Dieu créa l’homme » — ici, c’est le Fils qui agit. « Dieu les bénit » — ici, c’est le Saint-Esprit qui dispense la bénédiction. En raison des trois personnes, l’unique divinité est répétée trois fois. Dans ce passage, vous pouvez également discerner clairement le mystère de l’unité : l’image de Dieu et sa ressemblance sont données à chaque être humain par les trois personnes, mais elles restent une seule et même image. Réfléchissez bien : Dieu parle à la forme du singulier, mais Il n’agit pas à la forme du singulier ; et là encore, Il mêle le singulier et le pluriel, car Il ne dit pas : « à nos images et à nos ressemblances » ni « à mon image et à ma ressemblance ». En employant le pluriel, Il proclame la Trinité, tandis qu’en employant le singulier, Il affirme l’unité de l’essence divine. Ainsi, en disant : « Faisons… à notre image », le nombre des personnes est révélé. Or, dans l’expression au singulier : « à l’image et à la ressemblance », l’essence divine indivisible est manifestée.

5 Lorsque Dieu apparut à Abraham à l’entrée de sa tente, Il se révéla de manière merveilleuse à ses yeux sous la forme de trois personnes, bien qu’Il fût un. Abraham, conscient de la majesté divine, adora le Dieu unique dans sa triple manifestation. Dans les Psaumes, l’unité des personnes divines est également clairement exprimée : « Ne me rejette pas loin de ta présence, et ne m’enlève pas ton Esprit Saint ». Ici, le prophète, implorant le Père, craint d’offenser non seulement le Père, mais aussi le Fils et le Saint-Esprit. Il dit : « Ne me rejette pas loin de ta présence » — le Fils, en tant qu’image du Père, est également compris comme la présence ou le visage du Père. C’est pourquoi nous lisons : « Philippe, celui qui m’a vu a vu le Père ». Et encore : « Où irais-je loin de ton Esprit ? Ou où fuirais-je loin de ta présence ? ». Prêtez attention, vous qui doutez, à cette confession parfaite de la Trinité. Le prophète s’adresse au Père, reconnaît le Fils comme le visage du Père et proclame le Saint-Esprit comme celui qui remplit toutes choses.

6 Concernant le Fils, le Seigneur s’adresse également à Moïse en disant : « Ma face ira devant toi ». Le terme « visage » désigne ici à la fois l’unité de l’essence divine et la coéternité de la majesté divine. Ésaïe inclut également le Saint-Esprit dans la gloire de la Trinité lorsqu’il déclare : « J’ai vu le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les séraphins se tenaient autour de Lui, s’écriant les uns aux autres : “Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu des armées” ». Et peu après, il dit : « Alors j’entendis la voix du Seigneur qui disait : “Va dire à ce peuple : Vous entendrez certes, mais vous ne comprendrez jamais ; vous verrez certes, mais vous ne percevrez jamais” ». Ainsi, tant dans la vision que dans la proclamation, le prophète confesse le mystère du Dieu trinitaire — le Seigneur des armées, révélé dans le triple Sanctus des séraphins, signifiant le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

7 Croyons au moins le célèbre héraut de la vérité, Paul, lorsqu’il déclare que le Saint-Esprit était le Seigneur des armées qu’Ésaïe a vu et qui a parlé par la bouche d’Ésaïe. Mais puisque l’exclamation répétée trois fois résonne : « Saint, saint, saint », examinons si cet honneur se réfère à la Trinité tout entière. Quand Ésaïe dit : « J’ai vu le Seigneur des armées », les Juifs y reconnaissent une référence au Père. Cependant, l’évangéliste Jean affirme clairement qu’il s’agit du Fils, lorsqu’il dit : « C’est pour cette raison qu’ils ne pouvaient croire, car Ésaïe a dit : “Il a aveuglé leurs yeux et endurci leur cœur.” Ésaïe a dit cela parce qu’il a vu sa gloire et qu’il a parlé de lui ».

8 Or, quand Ésaïe dit aussi : « Et j’ai entendu la voix du Seigneur qui disait : “Va dire à ce peuple : Vous entendrez certes, mais vous ne comprendrez pas ; vous verrez certes, mais vous ne percevrez pas’ », l’apôtre Paul, comme nous l’avons mentionné, confirme que ce Seigneur est le Saint-Esprit. Vous voyez donc que le « Saint, saint, saint » répété trois fois célèbre la Trinité tout entière. Et tout comme il n’y a ni dissemblance ni différence entre ces trois mots, de même, dans la puissance de la Trinité, il ne peut y avoir de division.

9 Mais vous dites : « On en déduit clairement que le Saint-Esprit est inférieur, puisqu’il est appelé le doigt de Dieu. » Il n’en est rien. Au contraire, lorsque vous entendez dire du Saint-Esprit : « Si je chasse les démons par le doigt de Dieu », vous devez comprendre que cela démontre l’unité de substance, et non une diminution de gloire. Cela montre l’harmonie de l’action, et non une disparité d’honneur.

10 Qu’en est-il donc ? Parce que le Saint-Esprit est parfois appelé le « doigt de Dieu », le considère-t-on pour autant comme inférieur au Fils et au Père ? Fuyez l’erreur d’une telle conviction ! Demandez-vous si, parfois, cette désignation du « doigt » englobe également le Père et le Fils. Souvenons-nous que l’Écriture ne parle pas d’un seul doigt lorsqu’elle dit : « Quand je contemple tes cieux, l’œuvre de tes doigts ». Mais vous soutenez que cette mention des doigts ne se réfère qu’au Fils et au Saint-Esprit, indiquant une certaine forme de dualité. N’essayez pas de prétendre que cela ne fait référence qu’à deux personnes, car dans un autre passage, Ésaïe parle spécifiquement de trois doigts, en référence à la Trinité, lorsqu’il dit : « Qui a mesuré les eaux dans le creux de Sa main et délimité les cieux d’une coudée, renfermé la poussière de la terre dans une mesure, et pesé les montagnes sur une balance et les collines sur un peson ? Qui a pesé la masse de la terre avec trois doigts ? ».

11 Qu’y a-t-il de plus clair concernant l’unité de la Trinité ? Qu’y a-t-il de plus évident ? Ne voyez-vous pas que, dans la mention de ces trois doigts, l’égalité de la puissance unique est équilibrée sur la balance d’un mystère caché ? Par conséquent, comme cela a été dit, maintenant que vous avez été instruits au sujet de l’action commune, ne doutez pas de l’égalité de la puissance. Ainsi, lorsque l’Écriture dit : « Qui a pesé la masse de la terre avec trois doigts », elle parle précisément de la coopération des puissances et de l’unité de la substance, qui se révèlent être une seule et même chose dans ces trois doigts.

12 Bien que le Saint-Esprit enflamme sans cesse vos cœurs pour que vous écoutiez la parole de Dieu, à tel point que votre saint désir peut à peine être satisfait, il est néanmoins nécessaire de veiller à ce que la prédication de la parole de Dieu soit modérée de telle sorte qu’elle soit toujours désirée et puisse sans cesse croître en vous.

13 Que ce qui a déjà été dit suffise donc à votre charité. Et comme nous avons jugé bon de vous réserver une partie de ce sermon, si, selon votre coutume, vous vous réunissez un peu plus tôt demain, après avoir accompli sans lassitude les prières du matin, vous entendrez ce qui a été délibérément mis de côté, par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui appartient l’honneur pour les siècles des siècles. Amen.

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