Aller au contenu

Avertissement concernant le jour du jugement

·1445 mots·7 mins

1 Je vous en supplie, très chers frères, et c’est avec une grande humilité que je vous exhorte : que nul d’entre vous ne se fâche contre moi ni ne me juge déplacé ou excessif de m’efforcer si souvent de vous rappeler le Jour du Jugement, terrifiant et à juste titre redoutable. Si quelqu’un est mécontent de moi sur ce point, qu’il considère le danger auquel je suis exposé et qu’il écoute la sévère mise en garde du Seigneur adressée au prêtre par l’intermédiaire du prophète : « Si tu n’avertis pas les méchants de leur méchanceté, je te demanderai compte de leur sang ». Et encore : « Crie à pleine voix, ne te retiens pas ; élève ta voix comme une trompette et annonce à mon peuple ses péchés ».

2 Mais peut-être quelqu’un demandera-t-il : « Pourquoi nous prêche-t-on sans cesse des choses aussi dures ? » C’est parce qu’il vaut mieux endurer un peu d’amertume ici-bas pour atteindre ensuite la douceur éternelle, plutôt que d’avoir une fausse joie ici-bas et de subir plus tard un châtiment sans fin. Écoutez, frères — non pas moi, mais le Seigneur qui parle dans l’Évangile : « Heureux ceux qui pleurent maintenant, car ils seront consolés », et : « Malheur à vous qui riez maintenant, car vous pleurerez et vous gémirez ».

3 Considérez ceci, frères : chaque fois que les médecins du corps rendent visite aux malades, ils leur retirent tout ce qui leur semble agréable et leur interdisent totalement ce qui est doux. Parfois, ils ne permettent même pas aux malades de boire de l’eau froide, et parfois ils les forcent à boire les potions les plus amères ou incisent fréquemment leurs plaies avec les instruments les plus tranchants et les plus douloureux. De la même manière, ce que les médecins du corps font pour la santé du corps, les médecins spirituels s’efforcent de le faire pour le salut des âmes.

4 C’est pourquoi, très chers frères, compte tenu de tout cela et sachant que je devrai rendre des comptes devant le tribunal du Juge éternel, tant pour mon propre salut que pour le vôtre, je souhaite vous administrer des remèdes qui, bien qu’âpres, sont bénéfiques. Ainsi, je mériterai peut-être un jour de me réjouir avec vous en compagnie des anges, dans la sécurité éternelle.

5 Je ne dis pas ces choses parce que je crois que vous êtes réticents à recevoir mes exhortations, mais parce qu’il m’est nécessaire de prêcher fréquemment, tant pour votre salut que pour le mien. Je m’efforce d’éveiller vos cœurs à la fois à la crainte du jugement à venir et au désir ardent de la récompense promise, afin que les réserves de vos cœurs saints soient joyeusement préparées — avec l’aide du Seigneur — comme elles l’ont toujours été, pour recevoir la moisson spirituelle.

6 Chaque fois que je vous prêche quelque chose de sévère, ce n’est pas parce que je vous soupçonne d’être coupables de telles choses, mais plutôt parce qu’en vous mettant en garde même contre les péchés que vous ne commettez pas, je peux vous aider à vous guérir de toute faute qui aurait pu vous submerger. Car il arrive souvent que, en craignant de plus grands dangers, les gens prennent davantage soin d’éviter les moindres. Tout comme une personne prend une dose de thériac (un antidote) pour empêcher le poison de submerger le corps, de même la prédication sévère est administrée comme un moyen de préparer des antidotes pour l’âme.

7 Très chers frères, il est certain que si nous méditons sans cesse sur les bienfaits de notre Dieu, qui nous ont été accordés sans aucun mérite préalable de notre part, le péché ne dominera pas sur nous, ou, s’il venait à s’insinuer, il serait rapidement corrigé par la repentance.

8 Car qui pourrait même concevoir dans son esprit — sans parler de l’exprimer par des mots — l’ampleur des bienfaits que notre Dieu nous a accordés ? Il nous a créés alors que nous n’existions pas ; Il nous a restaurés alors que nous étions perdus. Il a accepté la mort, nous a rachetés par Son sang précieux, est descendu aux enfers et nous a arrachés des griffes de la mort éternelle. Il nous a promis les récompenses du ciel.

9 Très chers frères, tandis que nous méditons ces choses avec un cœur reconnaissant et humble, efforçons-nous, autant que nous le pouvons et avec Son aide, de Lui offrir en retour ce qu’Il nous a donné. Ne rendons pas le mal pour le bien, mais, dans la mesure de nos moyens, efforçons-nous fidèlement et de toutes nos forces d’obéir à Sa volonté. Ainsi, Ses commandements nous apporteront la guérison par l’obéissance plutôt que la condamnation par la désobéissance.

10 Que ferons-nous, très chers frères, en ce jour redoutable du jugement, lorsque le Seigneur, entouré de la lumière des armées célestes, siégera sur le trône de Sa majesté tandis que le monde tremblera et que retentiront les trompettes des anges ? Lorsque, du sein de la terre et de la poussière ancestrale, la race humaine sera ressuscitée, et que, sous le regard des témoins, Il convoquera la conscience de chaque personne en Sa présence. Avant le châtiment des pécheurs et la récompense des justes, Il commencera à demander des comptes sur la vie de chacun. Alors, se montrant davantage un juge juste qu’un juge miséricordieux, avec la sévérité du jugement, Il accusera les coupables qui ont méprisé Sa miséricorde, en disant :

11 « Je t’ai créé, ô homme, à partir de l’argile de Mes propres mains. J’ai insufflé en toi un esprit vivant par Ma puissance divine. Je t’ai donné Mon image et Ma ressemblance. Je t’ai placé dans les délices du paradis. Pourtant, méprisant Mon commandement source de vie, tu as préféré suivre le séducteur plutôt que ton Seigneur. Mais passons sur ces choses anciennes. Mû par la miséricorde par la suite, lorsque tu as été chassé du paradis et que, par la juste conséquence de ton péché, tu as été lié par les chaînes de la mort, Je suis entré dans le sein d’une vierge pour naître, sans entamer sa virginité. J’ai été couché dans une mangeoire, enveloppé de langes. J’ai supporté les humiliations de la petite enfance et les souffrances de la vie humaine, afin de devenir comme vous, pour vous rendre semblables à Moi.

12 J’ai enduré les gifles et les crachats des moqueurs. J’ai bu du vinaigre mêlé de fiel. J’ai été flagellé, couronné d’épines, cloué à la croix et transpercé d’une lance, afin que vous soyez délivrés de la mort. Au milieu de ces tourments, j’ai rendu l’esprit. Voici les marques des clous par lesquels j’ai été fixé ; voici mon côté, transpercé par la lance. J’ai pris sur Moi tes souffrances afin de te donner Ma gloire. J’ai accepté ta mort afin que tu puisses vivre éternellement. Je suis resté dans le tombeau afin que tu puisses régner dans les cieux.

13 Pourquoi donc as-tu perdu ce que J’ai enduré pour toi ? Pourquoi, ô ingrat, as-tu rejeté les dons de ta rédemption ? Je ne me plains pas de Ma propre mort — rends-Moi ta vie, pour laquelle J’ai donné Mon âme. Rends-Moi la vie que tu as sans cesse détruite par les blessures de tes péchés. Pourquoi as-tu souillé de la fange de la débauche la demeure que J’ai consacrée en toi ? Pourquoi as-tu souillé Mon corps — qui est désormais le tien — par la honte des plaisirs lubriques ? Pourquoi M’as-tu cloué sur une croix de tes péchés plus lourde que celle sur laquelle J’ai autrefois été suspendu ? Car pour Moi, la croix de tes péchés, sur laquelle Je suis crucifié contre Mon gré, est bien plus pénible que la croix sur laquelle Je suis monté de Mon plein gré pour subir ta mort par compassion pour toi.

14 Bien que j’aie été immortel, je suis devenu mortel pour vous. Bien que j’aie été impassible, j’ai daigné souffrir pour vous. Pourtant, vous avez méprisé Dieu dans l’homme, le salut dans la faiblesse, le chemin dans le retour, la miséricorde dans le jugement, la vie dans la croix, et la guérison dans Ma souffrance. »

15 C’est pourquoi, afin d’échapper à cette terrible réprimande, chaque fois que des péchés, grands ou petits, s’insinuent dans nos vies, hâtons-nous sans aucun retard vers le remède qu’est la repentance. Ainsi, nous pourrons être libérés de cette terrible condamnation et être jugés dignes d’atteindre la miséricorde éternelle par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui appartiennent l’honneur et la puissance avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

↑