Breviarium Aberdonense (Édimbourg : Chepman & Myllar, 1509-10) — traduit du latin. Contient la fin de l’office de saint Ternan, suivi des offices des SS. Guy, Modeste et Crescence ; des SS. Cyr et Juliette ; des SS. Marc et Marcellien ; des SS. Gervais et Protais ; du colophon ; et de l’index des saints pour la partie hiémale.
… il les transféra à la basilique des apôtres qui est à Rome. Or ils furent trouvés et transférés le premier jour des calendes de juin [1er juin]. Mais leur fête se célèbre le cinquième jour des calendes d’août [28 juillet], en raison de leur martyre. Les trois dernières leçons sont de saint Ternan. Leçon 7.
Or Convecturius, qui tenait le premier rang de cette terre, voyant le bienheureux Ternan avec la multitude qui était venue avec lui, lui adressa ainsi la parole : « Ô hypocrite, pourquoi as-tu recherché ma terre ? Sache-le pour certain : à moins que tu ne partes, ton salut est en jeu — apprends d’abord à connaître les dieux, et à ne servir qu’eux. »
Leçon 8. Or Convecturius dit : … Il partit serviteur, fait sans espérance de retour ; et lorsqu’il fut parti, les pieds du dit Convecturius s’enchevêtrèrent si fort dans les pierres qu’ils ne purent en être arrachés. Et lorsque Ternan eut prié pour lui, il fut délivré et baptisé.
Leçon 9. En ce temps-là saint Macaire envoya vers le bienheureux Ternan, afin qu’il lui envoyât de sa semence ; mais celui-ci, n’ayant pas de grain, remplit des sacs de sable et les lui envoya. Là-dessus Macaire, avec la prière du bienheureux, sema le sable sans semence naturelle, et par les mérites du prélat des Scots une excellente récolte crût.
La fête du très bienheureux prélat et pontife : de saint Basile, évêque et confesseur. Oraison : « Ô Dieu, qui as daigné choisir le bienheureux Basile ton confesseur comme docteur et prédicateur tout spécial de la foi catholique, accorde, nous t’en supplions, que par son intercession pour nous nous soyons délivrés des maux et te servions, Seigneur, avec des esprits sincères. Par le Seigneur. » Les trois dernières leçons. Qu’il soit du Commun d’un confesseur et pontife. Des saints martyrs Guy, Modeste et Crescence. Oraison :
« Ô Dieu tout-puissant, accorde que nous qui célébrons les victoires de tes saints martyrs Guy, Modeste et Crescence participions aussi à leurs récompenses. Par le Seigneur. » Les trois dernières leçons. À Matines, l’invitatoire de plusieurs martyrs, première leçon.
Le bienheureux Guy, d’un esprit mûr dans des années d’enfance, fut d’abord battu par son propre père parce qu’il ne voulait pas se détourner du culte du Christ ; puis il fut battu de verges par Valérien le juge, et demeura ferme dans la confession du Christ. Et comme son père méditait de l’affliger de tourments, sur l’ordre d’un ange il monta sur un navire et, avec pour compagnons ses nourriciers Modeste et Crescence, vint au territoire de Tanagro [Lusitanie].
Leçon 2. Là il guérit par la prière la fille de Dioclétien, qui était tourmentée par un démon ; de nombreux présents lui étant offerts, il lui fut ordonné de se vouer au culte des dieux, et parce qu’il ne voulait pas sacrifier, il fut jeté en prison avec Modeste et Crescence ; puis dans une chaudière remplie d’huile, de résine et de poix, et bouillante…
et lorsque celles-ci furent brisées, un lion très sauvage fut lâché sur eux, lequel aussitôt, devenu apprivoisé, tomba à leurs pieds. Mais le juge sacrilège, voyant les saints de Dieu inébranlés et la multitude du peuple convertie au Christ, les fit étendre sur le chevalet et déchirer jusqu’à ce qu’ils rendissent l’esprit. Leurs corps, une certaine noble matrone nommée Flavie les ensevelit au lieu qui s’appelle maintenant Marianus. Le reste du Commun de plusieurs martyrs. Oraison : « Exauce-nous, Seigneur notre Dieu, afin que nous qui implorons humblement le patronage de tes saints martyrs Cyr et de Juliette sa mère puissions imiter la constance de ceux dont nous célébrons le triomphe. Par le Seigneur. » Première leçon. Leçon 1.
Après la persécution des chrétiens sous l’empereur Alexandre dans les parties orientales, le préfet Alexandre fit amener devant lui une certaine matrone nommée Juliette avec son fils Cyr. Elle dit : « Je ne sacrifie pas à tes dieux, et je ne redoute pas tes tourments ; je ne crains pas ta fureur. » Alors Cyr, un enfant de trois ans, voyant sa mère battue, cria à haute voix et griffa de ses ongles le visage du juge ; celui-ci, enragé, ordonna que l’enfant fût tué en le précipitant en bas des degrés.
Leçon 3. Alors le préfet ordonna qu’ils fussent tous décapités, et que Juliette avec son fils Cyr fût rôtie sur un lit de feu ; et ensuite il fit découper leurs corps et enfin trancher leurs têtes. Par un tel martyre ils passèrent au Christ, parmi les nombreux commencements du reste.
Des saints martyrs Marc et Marcellien, martyrs jumeaux. Oraison : « Accorde, nous t’en supplions, ô Dieu tout-puissant, que nous qui observons les anniversaires célestes de tes martyrs Marc et Marcellien soyons délivrés de tous les maux qui menacent, par leurs intercessions. Par le Seigneur. » À Matines, l’invitatoire double. Première leçon.
Les saints martyrs du Christ Marcellien et Marc, comme ils ne voulaient pas sacrifier aux dieux, furent liés et mis en prison. Et comme ils demeuraient fermes dans la confession du Christ, la sentence capitale fut prononcée contre eux, à cette condition : que s’ils consentaient aux sacrifices, ils seraient rendus à leurs parents, femmes, enfants et biens. Seconde leçon.
De plus, durant le temps des trente jours d’indulgence, les gens de l’empereur ne cessaient de les presser de sacrifier. Et comme ils refusaient, ils furent liés à un poteau ; puis ils furent percés de clous à travers les pieds, debout, sûrs dans la confession du Christ. Répons : …
« J’ai soif », dit le préfet : « buvez le sang des sacrifices, jusqu’à ce que vous sacrifiiez aux dieux. » À quoi ils dirent : « Nos âmes ont soif du Christ, par le corps duquel nous sommes couverts. » Alors ils chantèrent l’un à l’autre : « Voici comme il est bon et agréable que des frères demeurent ensemble dans l’unité. » Et lorsqu’un jour et une nuit se furent passés pour eux dans les psaumes, il leur fut commandé d’être décapités, debout dans la sainte foi. Et ils passèrent aux royaumes célestes. Ils furent ensevelis sur la voie Appienne, à deux milles de la cité, au lieu dit Ad Arenas. Répons : « Voici la vraie fraternité. » Et le reste du Commun de plusieurs martyrs. Des martyrs Gervais et Protais, martyrs frères. Oraison :
« Ô Dieu, qui nous réjouis par la solennité annuelle de tes saints martyrs Gervais et Protais, accorde propice que nous soyons avancés dans la foi par les mérites dont nous nous réjouissons. Par le Seigneur. » Les trois dernières leçons. À Matines, un invitatoire double. Leçon 1.
Des saints Gervais et Protais : leur père se nommait Vitalis, et leur mère Valérie. Et lorsque, par le droit ab intestat du saint Vitalis leur père, ils eurent succédé à son patrimoine, ils distribuèrent toutes choses aux pauvres et se cachèrent dans une seule chambre haute durant dix ans, se livrant aux jeûnes et aux prières. Eux, en la dixième année, Astase le comte leur commanda de sacrifier aux dieux, afin de les faire compagnons de son expédition.
Gervais dit : « C’est de Dieu tout-puissant qu’il faut rechercher la victoire, non d’images sourdes et muettes. » Le comte, enragé, ordonna qu’il fût battu de fouets jusqu’à ce qu’il rendît l’esprit. Quand il fut mort, il dit à Protais : « Misérable, apprends toi aussi à vivre. » Protais dit : « C’est moi le misérable, qui ne te crains pas — toi qui prouves que tu dois être craint de moi. »
Leçon … le comte ordonna qu’il fût pareillement battu de fouets, et dit : « Misérable, pourquoi péris-tu ainsi, comme a péri ton frère Gervais ? » Et Protais dit : « Je ne suis pas en colère contre toi, car les yeux de ton cœur sont aveuglés. » Le comte enragé ordonna qu’il fût décapité. Par un tel martyre le vainqueur passa au Christ. Leurs corps furent ensevelis par un certain Philippe, leur ami, dans un sarcophage de pierre. Ensuite, par la volonté divine, ils furent transférés par le bienheureux Ambroise, évêque de Milan, à la basilique d’Ambroise. Répons : « Voici la vraie fraternité. » Et le reste du Commun de plusieurs martyrs.
FIN
La fin du Bréviaire d’Aberdeen pour l’usage tout spécial de l’Église écossaise, la partie hiémale ; par le travail et aux dépens de l’honorable homme Walter Chepman, marchand du bourg d’Édimbourg, en Écosse, aux calendes de février depuis le Christ né, en la neuvième année au-dessus de mille cinq cents, en la vingt-deuxième année du règne de Jacques IV, très illustre roi des Scots.
Index pour la partie hiémale des légendes des saints, dans lequel chacun peut être trouvé très facilement en leurs mois propres, selon leur propre ordre, comme suit :
En décembre sont lus : Saint André l’apôtre, folio premier Éloi l’évêque, folio v Bibiane [Ethernan ?] l’évêque, folio vi Barbe la vierge, folio viii Nicolas l’évêque, folio x La Conception de Marie, folio xiv Lucie la vierge, folio xvii Drostan l’abbé, folio xix Sannan [?] l’évêque, folio xx Thomas l’apôtre, folio xxi Ethernach le confesseur, [le même] folio Gazota [?] la vierge, folio xxiii Caran l’évêque, folio xxiv Fotinus le martyr, à la fin
En janvier : Geneviève la vierge, folio xxiv Kentigerne la matrone, folio c Nathalan l’évêque, folio xxvi Felan [Fillan] l’abbé, folio xxvii Kentigern l’évêque, folio xxviii Félix le prêtre, folio xxix Maure l’abbé, à la fin Fursey l’abbé, folio xxxi Antoine l’abbé, folio xxxii Prisque la vierge, folio xxxiii Fabien et Sébastien, à la fin Agnès la martyre, folio xxxvii Chuninus [?] l’évêque, folio xxxviii Vincent le martyr, folio xl La Conversion de Paul, folio xli Agnès la seconde, folio xlii Molocus l’évêque, à la fin Glascianus l’évêque, folio xlv Monocus [?], à la fin
En février : Brigitte la vierge, folio xlvi
[blanc] Chandeleur
La Purification de Marie, folio xlvii Blaise l’évêque et martyr, folio l Monan l’abbé, folio lii Agathe la vierge, folio liii Vaast et Amand, folio lviii Scholastique la vierge, à la fin