Bréviaire d’Aberdeen, partie d’été (Édimbourg : Chepman & Myllar, 1509-10). Texte latin de l’office, extrait du proprium sanctorum. Contient la fin de l’office de saint Olaf et l’office de saint Règle (Rule) — la translation des reliques de saint André en Écosse.
[Fin de l’office de saint Olaf :] … et ne craignant pas leurs mains sanglantes, ils vinrent cruellement avec des armes hostiles, des épées et des bâtons, pour le tuer le plus cruellement ; et les membres les plus tendres de son corps ils les firent ruisseler d’un sang couleur de rose. Leçon 5.
Or les ministres du bienheureux Olaf lavèrent le corps à l’eau chaude et le livrèrent honorablement à la sépulture. Et il advint que, dans cette eau chaude mêlée de sang, un aveugle tomba dans le vase où les ministres avaient lavé les reliques du bienheureux ; et le retrouvant, il oignit ses yeux de ce sang et de cette eau, sur quoi aussitôt sa vue lui fut rendue par les mérites du bienheureux. De plus, le miracle s’étant divulgué, un certain homme dont la langue avait été coupée par ses ennemis à cause du bienheureux Olaf, ayant été saisi et gardé présent à l’esprit, lorsque la prière fut faite recouvra sa parole première ; et il se voua dès lors perpétuellement à l’église ; et des hommes admirablement mutilés puis rétablis par les mérites du bienheureux Olaf furent rendus sains et entiers. Leçon 6.
Or de plus l’empereur Constantin, entreprenant la guerre contre les rois des païens à Constantinople, lorsque dans la bataille le bienheureux Olaf avec tous les siens apparut au milieu de l’armée — ils avaient prié que par son aide ils fussent toujours prospérés ; et sans aucun délai le bienheureux Olaf fut vu comme porte-étendard marchant devant l’armée de l’empereur ; et aussitôt tous les païens furent tournés en fuite, et l’empereur fut libéré de leur servitude, et un glorieux triomphe et la palme de la victoire fut remportée. Le reste, tout du Commun d’un martyr, avec oraison et commémoraison comme ci-dessus.
« Ô Dieu éternel, qui voulus que les glorieux mérites du bienheureux Règle ton confesseur et abbé nous fussent apportés avec les reliques de ton très doux apôtre André : accorde, nous t’en prions, que par ses glorieux mérites intercédant nous soyons dignes d’être portés des choses terrestres aux célestes. Par le Seigneur. » Aux Matines, neuf leçons. Leçon 1.
Lorsque Constance, empereur des Romains, régnait heureusement, en la trois cent quarante-quatrième année depuis l’enfantement virginal de notre salut, dans la contrée d’Achaïe, en une notable cité de la même contrée nommée Patras, un homme de grande sainteté et dévotion nommé Règle resplendissait heureusement en miracles ; et du bienheureux André l’apôtre, le très digne patron de la glorieuse contrée des Scots, les os et les reliques — dans la cité dans laquelle le bienheureux André lui-même souffrit le martyre il était le très fidèle gardien. Leçon 2.
Par la suite, lorsque ledit Constance eut résolu de venger la mort du bienheureux André, crucifié dans ladite cité, et voulut envahir ladite cité et emporter avec lui les reliques de l’apôtre, une certaine nuit un ange du Seigneur apparut au bienheureux Règle, disant : « Règle, serviteur de Dieu, joins à toi des frères convenables, des hommes saints et craignant Dieu, et du coffre des os et des reliques de l’apôtre André, qui t’est commis à garder, prends de là trois doigts de sa main droite, un os du bras pendant de l’épaule, une dent, et la rotule ; et tu les garderas avec précaution dans le lieu que je te montrerai, jusqu’à ce que je revienne. » Leçon 3.
Or lorsque l’empereur eut aussitôt transféré les susdites parties des reliques à Constantinople, l’ange retourna de nouveau au même bienheureux Règle, lui annonçant un salutaire commandement : « Les reliques du bienheureux apôtre André que tu as reçues qui te furent commises, prends-les ; et prends avec toi une compagnie d’hommes choisis, et ne tarde pas à les porter jusqu’aux parties occidentales du monde ; et enfin y arrivant, en l’honneur, la louange et la gloire perpétuelle dudit très saint apôtre tu poseras les fondations d’une église. Car ce lieu est élu de Dieu pour être bâti, et sera le siège, la tête et la fondation de cette contrée. » Leçon 4.
C’est pourquoi le glorieux confesseur Règle, avec la grande légation qui lui fut commise du ciel, loua notre Seigneur Jésus-Christ, le bienheureux André, par de très dévotes hymnes, et supplia d’accomplir sa légation au nom du Christ ; et de là pendant l’espace de deux ans il navigua, ballotté par les vagues de la mer, doutant beaucoup où il devait tourner ses voiles ; enfin réconforté par le Seigneur, lui avec ses compagnons arriva sain et sauf à terre en Écosse le quatrième des Kalendes d’octobre [28 septembre] ; et avec le signe de la croix marchant devant eux ils descendirent à la nef, et d’abord ils entrèrent dans les bois des Pictes. Leçon 5.
Or le bienheureux Règle, par la providence du serviteur de Dieu non oublieux de sa suprême légation, chercha par divine manifestation le lieu indiqué par l’ange pour bâtir une basilique au bienheureux André l’apôtre, et envoya les hommes qu’il avait amenés avec lui partout à travers le royaume d’Écosse des Pictes et des Bretons pour prêcher la parole de Dieu. Et lorsque cela fut fait, d’innombrables multitudes du peuple, converties à la foi du Christ, furent baptisées en son nom ; et entre-temps par divers miracles elles furent soutenues par les mérites intercédants du bienheureux Règle lui-même, et obtinrent des récompenses éternelles à sa prédication. Leçon 6.
Mais lorsque le bienheureux Règle ne put à ses propres frais bâtir ladite basilique, il fut vu qu’alors le roi Hungus, qui gouvernait les Pictes, vit une très grande clarté d’anges au-dessus des reliques de l’apôtre ; et venant audit Règle et à ses compagnons avec son armée, il fut baptisé avec ses nobles et ses ministres ; et la terre, cultivée et abondante, il l’accorda en l’honneur du bienheureux André et dudit Règle, pour ce jour à perpétuité au lieu ; pour cette cause la cité est appelée « la cité des cités » et « la mère des églises », et le siège apostolique en toute la province des Scots. Or après ces choses le bienheureux Règle dans des labeurs continuels, des veilles et diverses lamentations, s’exerçant vaillamment jour et nuit avec la sainteté de son troupeau, dans l’obéissance et le jeûne, jusqu’à la fin de sa vie très heureusement se donna tout entier. Or par la multitude des années, jusqu’à décrépit…