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L'office de saint Palladius

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Breviarium Aberdonense, pars hyemalis (Édimbourg : Chepman & Myllar, 1509-10). Texte latin de l’office, OCR de caractères gothiques non édité — la qualité est médiocre ; extrait du proprium sanctorum.

Antienne, petit chapitre, hymne — tout du Commun d’un confesseur et pontife. Oraison :

« Ô Dieu, qui as donné au peuple des Écossais le pontife Palladius, apôtre de la foi catholique et docteur tout ensemble, accorde-nous, nous t’en prions, que par son intercession nous obtenions ta miséricorde ineffable, et que par sa médiation auprès de toi nous jouissions de la vie éternelle. Par le Seigneur. »

Puis que soit faite une commémoraison de l’octave des apôtres Pierre et Paul, avec cette antienne : « Glorieux apôtres, colonnes de l’Église de vérité, hérauts aux lampes ardentes, vous qui par le feu du Saint-Esprit avez mis en fuite les ténèbres de l’erreur et illuminé le monde, intercédez pour nous auprès du Seigneur qui vous a choisis. » Verset : « Leur voix est allée jusqu’aux extrémités de la terre » (In omnem terram). Oraison : « Ô Dieu, dont la droite a soutenu le bienheureux apôtre Pierre marchant sur les flots de peur qu’il ne s’enfonçât… » Puis une commémoraison de l’octave de la Visitation, comme il convient.

Aux matines : invitatoire, hymne, antiennes, petits chapitres — tout du Commun d’un confesseur et pontife. Leçon 1.

Juillet

Le sixième jour, de saint Palladius

Palladius, illustre pontife, distingué par l’éclat de sa naissance, fut disciple du divin Evanus [Eugène], moine religieux, auprès des deux Macchani. Dès ses jeunes années, il se dépensa sous l’habit religieux et servit saintement et dévotement dans la milice de la sainte règle ; et sous son supérieur, la Règle de Tyane [?], il apprit à affermir la foi et connut Dieu. Peu de temps après, à cause de sa vie éprouvée, un oracle lui ayant été reçu d’un ange, il dit à ses compagnons : « Il convient en vérité, si nous voulons suivre ce que nous prêchons, que nous enseignions ouvertement aux autres, en l’honneur de celui qui nous a dispensé tous ces biens, les choses que nous avons apprises ; et que nous recherchions fidèlement, en apprenant des autres, les choses dont nous comprenons moins bien la foi. » Et quand… Leçon 2.

Après l’ange susdit, il vint d’Égypte à Rome, où il fut grandement honoré et estimé du pape Célestin. Lui, à cause de la sainteté de sa vie, fut institué évêque par ledit bienheureux Célestin dans la grâce du Saint-Esprit. Cependant le bienheureux Célestin, désirant étendre la foi orthodoxe, fortifié du secours divin, persuada au bienheureux Palladius — qu’il avait naguère ordonné prélat et soldat de la foi — de prêcher la foi catholique romaine à la nation des Écossais, à Eugenius roi des Écossais de ce nom, en la onzième année de son règne, en la quatre cent vingt-quatrième année de notre Sauveur Jésus-Christ. Et quand… Leçon 3.

Lui, consentant en toute humilité comme on peut le dire, y consentit volontiers ; et prenant avec lui certains moines et beaucoup d’autres hommes de vie très éprouvée, craignant Dieu, il se mit en route pour la terre d’Écosse, recevant la légation de la part divine en cette manière : « Va dans ton apostolat ; prends en partage le royaume des Écossais, et fais l’œuvre d’un évangéliste ; car Dieu peut accroître en toi la grâce. » Et… Leçon 4.

Ledit très bienheureux Célestin. L’évêque Palladius avec ses compagnons, hommes très renommés, ne craignant guère les grands périls de la mer, arriva en Écosse ; avant la venue duquel la nation des Écossais avait la foi en grande partie par les susdits Marcius et Dionysius, hommes religieux, tandis que l’empire romain présidait sous ledit Julius [?] ; lesquels les premiers souffrirent le martyre pour le nom du Christ. Et les docteurs de la foi administraient les sacrements…

Juillet

Le sixième jour, de saint Palladius évêque et confesseur

… prêtres et moines, primitifs de l’Église, suivant à la dernière manière le rite et la coutume ; de l’histoire desquels le vers suivant est témoin : « En l’année du passage du Christ, trois plus deux cents, l’Écosse commença d’entrer dans la foi catholique ; Victor premier pape résidant à Rome ; sous le prince Sévère le martyr aussi mourut. » Et quand… Leçon 5.

L’illustre prince Eugenius régnant sur les Écossais, ledit illustre reçut avec joie et honneur le bienheureux Palladius avec ceux qui l’accompagnaient. Il leur accorda diverses possessions, des demeures et les autres choses nécessaires à la vie, pour eux et pour leurs suivants ; et à travers tout le royaume ils prêchèrent et évangélisèrent la parole de Dieu, et parcoururent toute l’Écosse jusqu’à Culros ; en quel lieu le bienheureux Palladius trouva saint Servan, homme dévot, doux et pieux, que, par les mérites de ladite nation, il ordonna dignement évêque catholique à la manière de l’Église romaine, et l’instruisit dans la même divine foi ; car lui seul ne suffisait nullement à administrer les mystères d’une si grande nation et les doctrines de l’Église, et il constitua saint Servan son suffragant sur toute la nation des Écossais. Et… Leçon 6.

Ensuite il enseigna à travers les provinces voisines la parole de vie et les doctrines salutaires de l’Église. Il institua des fêtes et des solennités à observer, et des sacrements ecclésiastiques à administrer et à recevoir dignement ; il consacra des églises, mit d’honnêtes couvertures sur les vêtements sacrés, et leur enjoignit doucement les heures canoniques de Dieu comme l’Église romaine les avait instituées ; il ordonna des prêtres et d’autres ministres dans l’Église de Dieu ; il enseigna que les péchés fussent confessés aux prêtres ; et de très nombreux miracles étaient faits par lui chaque jour, tant que tout le peuple le tenait et le vénérait comme envoyé du ciel. Cependant, entre autres de ses magnifiques œuvres, quand Ternan le pontife naquit, les sages-femmes le jugèrent de nature faible ; sur quoi elles doutèrent grandement de sa vie, et craignirent fort de le porter à l’église pour recevoir le sacrement du baptême. Mais alors le bienheureux Palladius, n’ayant point d’eau de quoi baptiser l’enfant, fit le signe de la croix, et une motte de gazon étant arrachée de la terre, une source d’eau jaillissante intarissable sourdit à la vue de tous ; et en ce lieu, le nom du Saint-Esprit étant invoqué, il baptisa le bienheureux enfant, lui imposant le nom de Ternanus, lequel

Juillet — Le sixième jour, de saint Palladius évêque et confesseur

suivit ensuite son maître et père en toutes choses dans la manière de vivre. Enfin le divin Palladius, renommé pour divers signes et miracles, rassasié d’années, repose en une paix bienheureuse à Lassoround [Fordoun] dans le Mearns. Et [l’Évangile] selon…

À la neuvième leçon, le petit chapitre :

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : « Un homme partant pour un pays lointain appela ses serviteurs et leur livra ses biens. » Et le reste. Homélie :

Dans les similitudes que le Seigneur exposa pour l’instruction de notre ignorance, il faut considérer diligemment que certaines choses nous sont proposées pour notre avertissement, afin qu’elles regardent spécialement vers lui, le médiateur de Dieu et des hommes. Et dans le cours de cette leçon, il est montré quand il dit : « Un homme partant pour un pays lointain appela ses serviteurs et leur livra ses biens. » Car cet « homme » doit être entendu par similitude comme le Seigneur Jésus-Christ, qui, bien qu’il soit Dieu avant les siècles, se fit homme à la fin des siècles ; de qui il est écrit : « un homme a été fait en elle, et le Très-Haut lui-même l’a fondée ». Or cet homme partit en un pays lointain, en ce qu’il éleva au plus haut, en montant au ciel, sa propre chair qu’il avait prise des hommes ; car depuis le temps où

il fut dit au premier homme : « Terre tu es, et à la terre tu iras », le lieu propre de la chair est la terre. Mais cet homme partit en un pays lointain parce que la chair qu’il avait prise ne vit point la corruption, mais après la résurrection monta aux cieux.

Les serviteurs de cet homme sont les hommes, qu’il créa raisonnables pour le servir et le louer. Or servir cet homme est la plus haute liberté ; se départir de son service est la plus vile servitude. Paul se glorifiait d’être son serviteur quand il disait : « Paul, serviteur du Christ Jésus » ; et encore : « Je rends grâces à mon Dieu, que je sers depuis mes ancêtres » ; et le Psalmiste : « Je suis ton serviteur… »

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