Breviarium Aberdonense, pars aestivalis (Édimbourg : Chepman & Myllar, 1509-10). Texte latin de l’office, OCR de caractères gothiques non édité — la qualité est médiocre ; extrait du proprium sanctorum. Contient l’office de saint Boniface suivi du début de l’office de saint Patrick (17 mars), qui s’interrompt au milieu d’une leçon.
« Ô Dieu, qui as commis au bienheureux Boniface la chaire de l’apôtre Pierre pour la régir sept ans, accorde que par ses mérites et ses prières nous puissions obtenir le secours perpétuel de ta propitiation. Par le Seigneur. » Aux matines, neuf leçons. Leçon 1.
Boniface, Italien de nation, de la souche du Grand Forum [Forum Maius], né de la famille des apôtres Pierre et André, dans ladite Bethsaïde de la province de Galilée. Dans la dignité papale il succéda au bienheureux pape Grégoire, et présida sept ans, trois mois et sept jours. C’est le septième homme depuis Jean l’apôtre de Pierre, et par la grâce du même il fut rempli du Saint-Esprit dès son enfance, à tel point que dans ses années d’adolescence il chercha à plaire à Dieu, et leva les yeux de son esprit vers le palais de la vie d’en haut, et se conserva si bien dans la chasteté du corps et de l’âme qu’il vécut sans blâme. Leçon 2.
En la huitième année de son âge il se donna à l’étude des divines écritures, où il trouva en abondance la vraie sagesse du Verbe ; et il apprit le Psautier par cœur, et parla justement, à tel point que par Jean, évêque de Jérusalem et patriarche, en la trente-troisième année de son âge il fut ordonné à la prêtrise, où
ensuite il suivit le saint apôtre Pierre dans la vie et les mœurs. Leçon 3.
Or, lorsqu’il eut atteint la quarante-troisième année, Maurice régnant comme empereur des Romains, il vint à Rome, où il fut constitué pendant quelque temps évêque cardinal ; puis, par l’élection de tous les cardinaux et par la providence du même Dieu très haut, en la cinquantième année de son âge il fut divinement assumé à la papauté. Ensuite il institua certaines heures canoniques et diverses célébrations des choses divines dans l’Église de Dieu ; et il ordonna dûment et licitement des constitutions et des règles pour les ordres. Leçon 4.
Un jour il appela les frères dans l’oratoire pour leur révéler les secrets de son cœur, disant ainsi : « Mes frères dans notre Seigneur Jésus-Christ, dont vous professez la foi : depuis le temps où nous avons quitté notre patrie paternelle pour l’amour de ce même Dieu, nous avons résolu de faire pèlerinage vers ces peuples qui sont au-delà des limites de l’Europe dans les régions septentrionales, presque jusqu’aux extrémités de la terre. Auxquels j’ai dit : “Là nous enverrons des hommes religieux et prudents”, au lieu où jadis les divins Célestin et Grégoire envoyèrent Palladius, Patrick et Augustin vers les mêmes
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évêque et confesseur.
Fol. lxi.
… envoyèrent. Leçon 5.
Ledit Boniface répondit, disant : « Hélas ! Dieu tout-puissant, nous avons demandé par saint Pierre que par son mérite nous méritassions d’entreprendre ce pèlerinage de grâce. Car l’apôtre Paul est dans le monde un exemple pour évangéliser ceux d’Europe ; c’est pourquoi, à moins que par sa grâce nous ayons offert sur cet autel le sacrifice du corps et du sang de notre Seigneur Jésus-Christ, afin qu’il fût cru par eux — chose qui nous a en effet été révélée par une vision angélique de saint Pierre — et désormais persévérant dans cette doctrine, je suis confirmé par la même vision. Que le Seigneur vous donne un cœur sage et confirme votre conseil dans la bonté. » Et quand cela eut été fait en prière, il leur dit dans l’esprit de Jésus : « par celui qui a fait le ciel et la terre. » Et ensuite, ayant reçu d’eux la faculté de partir dans la bénédiction de Dieu, il prépara toutes choses pour le voyage, et peu après quitta Rome ; et à ce départ d’un si grand homme il y eut entre les frères et tout le peuple de la cité de Rome un cri très amer et un deuil non petit, disant avec de grands gémissements : « Ô très saint père, pourquoi nous laisses-tu orphelins ? »
Et ainsi pleurant il s’éloigna d’eux. Leçon 6.
Or, dans le voyage, suivirent Boniface pieusement et dévotement ses très dévoués ministres — Servanus, Pean, Benevolus, Manian, les prêtres ; et les évêques Triduinus et Nechtan ; les abbesses Crescentia et Triduana ; sept prêtres, sept diacres, sept sous-diacres, sept acolytes, sept exorcistes, sept lecteurs et sept portiers, et trois mille hommes et femmes, multitude très grande craignant Dieu. Et tous ayant été disposés en ordre par ledit homme de Dieu Boniface, par un voyage prospère et une heureuse traversée ils arrivèrent d’un commun accord à Pictavia [le pays des Pictes], lorsque par un signe divinement envoyé du ciel sur la mer d’Écosse ils atteignirent un lieu proche de Restens ; lequel lieu entrant humblement, chantant la grande litanie, ils glorifièrent Dieu. Et lorsque au nom… Leçon 8.
Nectan, roi des Pictes, fut cependant saisi d’un non petit étonnement, apprenant la venue du signe divin en son propre lieu avec une telle multitude d’étrangers ; et par la grâce du Saint-Esprit soudainement inspiré, en cette même heure il reçut du bienheureux Boniface et de ses évêques le sacrement du baptême, avec tous ses nobles
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évêque et confesseur.
De saint Patrick
et ses ministres, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Ensuite le roi donna et livra ce même lieu du baptême au nom de la Sainte Trinité au bienheureux Boniface et à son peuple pour toujours. Et dans ce lieu un peuple presque infini fut marqué de la même foi chrétienne dans le saint chrême, et pour l’instruction de la même foi il se donna à l’édification d’églises et d’autres lieux dévots, s’exerçant en toute sainteté de vie et d’exemple. Leçon 9.
Or le bienheureux Boniface, après très nombreux autres présages de miracles, illumina les aveugles, purifia les lépreux, fit entendre les sourds et parler les muets, ressuscita sept morts de la mort à la vie, et racheta divers captifs à la liberté par ses propres dons. Il écrivit soixante-quinze livres des Évangiles et fonda autant de temples pour Dieu ; et ordonna autant de prêtres, un millier. Et à la foi du Christ il convertit et baptisa près de trente mille hommes et femmes. Et en la quatre-vingt-quatrième année de son âge, plein de grâce et de vertu, le dix-septième des calendes d’avril [16 mars] il passa au Seigneur. Répons : « Quel grand prêtre, glorieux… » Et le reste du Commun d’un confesseur et pontife.
De saint Patrick, évêque et confesseur. Oraison :
« Ô Dieu, qui as orné le bienheureux Patrick, apôtre de l’Irlande, de signes multiples et l’as transféré dans la gloire céleste, accorde, nous t’en supplions, qu’aidés par ses mérites et ses prières nous obtenions les récompenses de l’éternelle béatitude. Par le Seigneur. » Aux matines, neuf leçons. Leçon 1.
Patrick, apôtre des Irlandais, né du père Calpurnius de la noble famille des Scots, et de la mère Concessa, sœur du bienheureux Martin évêque de Tours, fut conçu au château de Dubertane dans le sein de sa mère avec des présages divins, et naquit et fut élevé à Kilpatrick près dudit château en Écosse ; au baptême il fut nommé Sucat par ses parrains ; ensuite par saint Germain en Gaule il fut appelé Magonius, et par le bienheureux pape Célestin à Rome Patricius. Leçon 2.
Lorsqu’il eut été nouvellement régénéré dans l’onde du baptême, averti par un instinct divin, quand il imprima de sa main droite le signe de la croix sur le sol, une source très plaisante jaillit là. Alors un certain homme nommé Normias, aveugle de naissance, lavant ses yeux et son visage dans le courant de la même source, reçut non seulement le bénéfice extérieur de voir mais encore
évêque et confesseur.
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connut les lettres et la lecture, bien qu’illettré de naissance ; et ainsi par le bénéfice extérieur il fut fait d’un aveugle un voyant, et par la grâce intérieure d’un illettré un lettré. Et de plus la pierre dressée à côté de cette source, toutes les fois qu’un faux témoin ou un parjure y posait la main, avait coutume de répandre de l’eau. Leçon 3.
Cependant dans un monceau de glace et un pareil monceau de combustible, ramassés en hiver sur une colline, il fit jaillir des flammes et alluma le feu au-dedans. Et le front d’un certain garçon, brisé sur une pierre par accident, il le guérit en y posant son pouce, trempé dans sa propre salive, avec le signe de la croix. Et son père nourricier, mort d’une mort subite, il le ressuscita de la mort à la vie ; pour sa mère nourricière malade, qui désirait du miel, il changea l’eau en miel, et elle, remplie de sa douceur, fut rendue à la santé. Leçon 4.
Patrick, de disposition religieuse, étant alors dans sa seizième année, fut enlevé par des pirates et emmené captif en Irlande, et fut vendu à un certain petit roi de cette province nommé Milcho, et fut tenu sous lui six ans à la garde des pourceaux ; sous la garde duquel le troupeau de pourceaux, qui auparavant était petit, fut multiplié. Puis, lesdites six années touchant presque à leur fin, comme il versait à Dieu une prière larmoyante pour obtenir sa libération, par une indication angélique il trouva dans une certaine porcherie une masse d’or, que Patrick livra au petit roi susdit pour obtenir sa liberté. Mais lorsqu’il eut été racheté de la servitude, ledit petit roi, sa malice croissant, poursuivit le fugitif du pays pour le réduire à la même servitude ; mais le Seigneur l’aidant, il échappa à ses mains perverses, et fut de nouveau transporté par un voyage de trois jours en Écosse, et fut reçu très joyeusement par ses parents pleurant de joie. Puis pendant un temps, ses compagnons périssant de faim en mer, il les nourrit divinement d’un peu de miel jusqu’à ce qu’ils atteignissent leur propre terre. Leçon 5.
Or, une certaine nuit, il entendit en songe les enfants des Irlandais enfermés dans le sein de leur mère, criant et disant : « Viens, saint enfant Patrick, pour nous délivrer. » Et lui, divinement inspiré, bien que ses parents affligés s’y opposassent, alla en Gaule par navire, et auprès du bienheureux Germain, évêque d’Auxerre, afin que dans ce [lieu il pût être instruit…]
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[le texte s’interrompt ici]