L’histoire de sainte Bernadette et de Notre-Dame de Lourdes #
Oui, chère Mère, ton cœur est si rempli d’amour pour nous que tu es descendue sur terre pour apparaître à une enfant pauvre et faible et lui confier certaines choses malgré sa grande indignité. Comme elle en est humiliée. Toi, la Reine du ciel et de la terre, tu as choisi d’utiliser ce qui est le plus faible aux yeux des hommes.
Sainte Bernadette, 12 mai 1866 [1]
Comme beaucoup de grands saints, Bernadette Soubirous nous montre comment Dieu choisit les faibles et les humbles. Née le 7 janvier 1844 à Lourdes, une petite ville rurale du sud-ouest de la France, elle était la fille aînée de François et Louise Soubirous. Elle avait 8 frères et sœurs, dont seulement 3 ont survécu au-delà de 10 ans.

Sa famille était très pauvre, tous vivant dans une seule pièce—une ancienne cellule de gendarmerie que Bernadette appelle « le cachot ». Ils manquaient souvent de nourriture. En conséquence, elle grandit en mauvaise santé et ne savait ni lire ni écrire.
Bernadette n’était pas quelqu’un d’impressionnant. Mais à 14 ans, elle vécut 18 apparitions de Notre-Dame de Lourdes qui allaient changer sa vie pour toujours.
Les 18 apparitions à sainte Bernadette #
Jeudi 11 février 1858 #
Par un froid jour d’hiver, Bernadette partit à la campagne ramasser du bois avec sa sœur Marie et son amie Jeanne. Elles suivirent un canal et arrivèrent finalement à ce qu’on appelait localement la grotte de Massabielle. Marie et Jeanne passèrent de l’autre côté, mais Bernadette hésita car elle ne voulait pas mouiller ses chaussures. Elle s’assit donc pour retirer ses bas.
À peine avais-je retiré mon premier bas quand j’entendis un bruit comme une soudaine rafale de vent. Quand je tournai la tête vers la prairie, je vis que les arbres ne bougeaient pas du tout, alors je repris le retrait de mes bas. J’entendis le même bruit encore. Quand je levai la tête et regardai la grotte, je vis une Dame en blanc. Elle portait une robe blanche avec une ceinture bleue, un voile blanc et une rose dorée sur chaque pied, de la même couleur que la chaîne de son chapelet, qui avait des grains blancs. Elle était entourée de lumière blanche, mais ce n’était pas une lumière aveuglante. Elle avait les yeux bleus.
Sainte Bernadette[1]

La Dame se tenait dans une niche du rocher. Sur son bras droit se trouvait un chapelet à chaîne dorée et grains blancs. Bernadette essaya de faire le signe de croix mais n’y parvint pas. La Dame fit un magnifique signe de croix, puis Bernadette récita le chapelet tandis que la Dame faisait passer les grains entre ses doigts.
Après avoir prié, la Dame lui adressa un sourire radieux et lui fit signe d’approcher. Dans son cœur, Bernadette sentit qu’elle était comme sa mère, mais elle eut trop peur pour venir. La Dame s’inclina, puis partit. Bernadette raconta à contrecœur à Marie et Jeanne ce qui s’était passé, décrivant la Dame comme « Aquero », ce qui signifie « celle-là ». Elles le dirent ensuite à ses parents.
Dimanche 14 février 1858 #
Son père, François, donna à Bernadette la permission d’y retourner. Elle y alla avec plusieurs autres filles et prit de l’eau bénite. Quand elles arrivèrent, toutes commencèrent à prier le chapelet. Pendant la première dizaine, Aquero apparut de nouveau.
Bernadette lui jeta l’eau bénite en disant : « Si tu viens de Dieu, reste. Sinon, va-t’en. » Plus elle l’aspergeait, plus elle souriait. Bernadette s’agenouilla et entra dans une transe profonde. Effrayées, certaines de ses amies coururent chercher de l’aide. Bernadette fut ramenée tandis que l’apparition continuait.
Jeudi 18 février 1858 #
Bernadette y retourna avec des adultes et prit plume et encre pour demander son nom à Aquero. Pendant le chapelet, elle apparut de nouveau. Bernadette lui demanda son nom. Elle ne le donna pas. Au lieu de cela, elle demanda :
« Boulet aoue era gracia de bié aci penden quinze dias ? »
Notre-Dame de Lourdes, parlant en gascon, la langue locale de Bernadette.
Cela signifie : « auriez-vous la grâce de venir ici pendant quinze jours ? ». Dans la France du XIXe siècle, les dialectes provinciaux comme le gascon étaient considérés comme du « patois »—un mot péjoratif pour parler d’un langage rustre. Bernadette fut étonnée qu’Aquero parle sa langue et avec tant de respect. Une pauvre fille gasconne de 14 ans, illettrée, ne s’était jamais fait parler ainsi.
Bernadette répondit qu’elle demanderait la permission de ses parents et qu’elle viendrait alors. Aquero dit qu’elle ne promettait pas de la rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre, et lui demanda de dire aux prêtres qu’une chapelle devait être construite à la grotte.
Vendredi 19 février 1858 #
Bernadette et 11 autres personnes allèrent à la grotte avec des bougies. Aquero la remercia d’être venue. Elle entendit alors des voix mauvaises et terrifiantes venant du fond de la grotte, qui lui disaient de partir. Aquero leva les yeux, fronça les sourcils vers les voix, et elles se turent.
Elle dit à Bernadette qu’elle avait un secret à lui révéler et demanda qu’on laisse les bougies à la grotte.
Samedi 20 février 1858 #
La nouvelle commençait à voyager vite. 30 personnes étaient à la grotte. Pendant l’apparition, Aquero enseigna à Bernadette une prière mot pour mot. Elle la pria chaque jour pour le reste de sa vie, sans jamais la dire à personne. À cette époque, beaucoup commencèrent à croire qu’Aquero était Marie.
Dimanche 21 février 1858 #
Des centaines de personnes vinrent s’agenouiller près de la grotte. Bernadette décrivit Aquero comme plus lumineuse que le soleil et portant sur ses pieds nus des roses plus éclatantes que l’or. Aquero regarda la foule avec tristesse et dit à Bernadette de « prier pour les pécheurs ».

Pendant l’apparition, un médecin nommé Dozous prit le pouls de Bernadette et le trouva normal. Après l’apparition, on interrogea Bernadette et son père François, qui leur promirent qu’elle ne retournerait jamais à la grotte.
Mardi 23 février 1858 #
Malgré cela, elle y retourna. Cette fois, plus de 150 personnes étaient venues. Aquero pria avec Bernadette pendant une heure et lui révéla trois secrets. À ce jour, personne ne sait ce qu’ils étaient.

Mercredi 24 février 1858 #
Environ 200 personnes vinrent. Aquero pria avec Bernadette pendant une heure. Elle prononça trois mots, lentement et tristement :
« Pénitence. Pénitence. Pénitence. »
Notre-Dame de Lourdes.
En disant ces mots, Bernadette les répéta aussi, et beaucoup l’entendirent. À la demande d’Aquero, elle mangea ensuite de l’herbe poussant sous la grotte et baisa le sol en humilité pour leur orgueil.
Jeudi 25 février 1858 #
Malgré le froid hivernal, plus de 300 personnes vinrent. Aquero dit à Bernadette de boire à la source et de s’y laver.
« J’allai à l’endroit qu’elle me montrait, mais je ne vis qu’un tout petit peu d’eau boueuse. Il y en avait si peu que j’arrivais à peine à en prendre dans mes mains. »
Sainte Bernadette[1]
Bernadette jeta l’eau trois fois, puis se lava le visage avec. Elle se retrouva couverte de boue. Les gens qui la regardaient se moquèrent d’elle.
Elle revint cet après-midi-là et trouva de l’eau jaillissant de l’endroit où elle avait creusé la boue. Bientôt, il y eut un ruisseau abondant d’eau claire. Elle coule encore aujourd’hui !
Samedi 27 février 1858 #
Environ 800 personnes vinrent. Bernadette répéta ses actes de pénitence en mangeant de l’herbe et en baisant le sol.
Dimanche 28 février 1858 #
Plus de 1500 personnes accompagnèrent Bernadette. Après l’apparition, elle fut interrogée pour la 3e fois, mais jura de ne pas abandonner.
Lundi 1er mars 1858 #
Pendant l’apparition, Aquero se tenait au sommet d’un rosier. Les spectateurs grimpèrent sur la grotte, agitant le buisson au point que Bernadette craignit qu’elle ne tombe ; mais Aquero souriait simplement à tout le monde. Pour Bernadette, elle semblait toujours peinée de quitter tout le monde.
Quand Aquero fut partie, une femme fort enceinte appelée Catherine Latapie lava deux de ses doigts paralysés dans la source et fut immédiatement guérie. Ce fut le premier miracle approuvé de Lourdes. Elle marcha ensuite 9 km jusqu’à chez elle et accoucha le lendemain !
Mardi 2 mars 1858 #
Aquero supplia Bernadette que les prêtres viennent en procession et construisent une chapelle à la grotte. Elle alla droit chez l’abbé Peyramale, mais il l’accusa de mentir au sujet des apparitions.
« J’avais besoin de ténacité. Le Père faisait les cent pas en disant : “Une chapelle, une chapelle ! Qui la paiera ? Et si votre Dame veut des processions, elle devrait vous envoyer à l’évêque, pas à moi. Vous ne savez même pas son nom. Ridicule.” »
Sainte Bernadette.

Mercredi 3 mars 1858 #
Aquero vint le soir, se tenant au-dessus du rosier. Elle salua Bernadette, s’inclina, puis fit le signe de croix. Bernadette lui demanda son nom. Aquero ne répondit pas, se contentant de sourire.
Jeudi 4 mars 1858 #
Plus de 8000 personnes se rassemblèrent autour de la grotte. Bernadette pria et parla avec Aquero sous le toit de la grotte pendant une heure. Elle lui demanda son nom encore une fois. Aquero ne fit que sourire. Ensuite, Bernadette alla de nouveau chez l’abbé Peyramale. D’un ton si doux, il lui dit : « Si je savais que c’était la Vierge bienheureuse, je ferais tout ce qu’elle désire. »
Jeudi 25 mars 1858 #
Bernadette fut réveillée au milieu de la nuit par une insistance intérieure d’aller à la grotte. Aquero était déjà là, qui l’attendait. Bernadette s’agenouilla et ils dirent le chapelet ensemble. Elle dit à Aquero qu’elle l’aimait et combien elle était heureuse de la revoir.
Désespérée, Bernadette lui demanda son nom quatre fois. Finalement, elle répondit. Appuyez sur lecture pour entendre la réponse exacte d’Aquero :
Jusqu’à ce moment, ses deux bras avaient été tendus, mais maintenant elle joignit les mains devant sa poitrine et, levant les yeux au ciel, elle dit : “Que soy era Immaculada Conceptiou”. Ce furent les dernières paroles qu’elle me dit.
Sainte Bernadette[1], en français, cela se traduit par : « Je suis l’Immaculée Conception ».
Quatre ans seulement auparavant, le pape Pie IX avait déclaré infailliblement que Marie avait été conçue immaculée. Bernadette, une pauvre fille illettrée, n’en avait jamais entendu parler et ne savait pas ce que cela voulait dire. La seule manière dont elle put s’en souvenir, en allant immédiatement le dire à l’abbé Peyramale, fut de le répéter encore et encore.
L’abbé Peyramale devint mortellement pâle quand Bernadette le lui dit. Homme de profonde foi, cette nuit même, il écrivit à son évêque avec beaucoup de larmes. C’est ainsi que commença le Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes.
Mercredi 7 avril 1858 #
L’apparition commença vers 5 heures du matin et inclut le miracle de la bougie, auquel assistèrent des centaines de personnes. Dans une transe profonde, Bernadette joignit les mains, de sorte qu’elles étaient placées au-dessus de la flamme de sa bougie. Elle resta dans cette position environ 15 minutes, la flamme ne laissant aucune marque et elle ne montrant aucun signe de douleur.
Quand Notre-Dame partit, je remarquai le docteur Dozous à côté de moi. Il prit ma bougie allumée et la plaça sous ma main gauche. Je retirai ma main d’un coup. “Monsieur, vous me brûlez”, m’écriai-je. Ce n’est que plus tard que j’appris que pendant la visite de Marie, la flamme de ma bougie avait enveloppé les doigts et la paume de ma main gauche. À l’étonnement du docteur, ni les doigts ni la paume n’avaient brûlé.
Sainte Bernadette[1]
Vendredi 16 juillet 1858 #
Depuis juin, la police avait commencé à verbaliser les visiteurs et des gardes bloquaient l’entrée de la grotte. Mais Bernadette ressentit la compulsion familière d’y aller. Entrant par un chemin de l’autre côté de la rivière, elle vit Notre-Dame de Lourdes pour la dernière fois. Elle ne dit rien, mais pour Bernadette, elle semblait plus belle qu’elle ne l’avait jamais vue.
L’approbation de l’Église #
Comme Notre-Dame de Lourdes le lui avait promis, Bernadette n’eut pas une vie facile après les apparitions. Elle fut interrogée par la police, menacée de prison et rejetée par les gens du pays. Beaucoup pensaient qu’elle inventait tout, y compris, au début, sa propre famille !
Peu après les apparitions, l’évêque local ouvrit une enquête. Vu la quantité de témoignages, cela prit plus de 2 ans et inclut de nombreux entretiens avec Bernadette et ceux qui prétendaient avoir reçu des miracles. Finalement, en janvier 1862, la conclusion tomba :
Nous jugeons que Marie Immaculée, Mère de Dieu, est réellement apparue à Bernadette Soubirous le 11 février 1858, et les jours suivants, au nombre de dix-huit fois.
Bertrand Sévère Laurence, évêque de Tarbes et Lourdes, 1862 [2]
Depuis lors, Notre-Dame de Lourdes est devenue l’un des sanctuaires marials les plus visités du monde, attirant des millions de pèlerins chaque année.
Les miracles #
Depuis le temps de Bernadette, des milliers de personnes ont prétendu recevoir des miracles à Lourdes. L’Église catholique examine rigoureusement ces allégations avec l’aide de scientifiques.[3] En 2026, on compte 72 miracles vérifiés. Ceux-ci incluent des guérisons de paralysie, de tuberculose, de douleurs de la colonne vertébrale et de cécité.
Des scientifiques modernes continuent d’étudier les miracles de Lourdes. Si vous pensez que la science est incompatible avec la foi, leurs conclusions pourraient vous surprendre :
« Étranges et déconcertantes, les guérisons dépassent actuellement notre compréhension mais restent impressionnantes, incroyablement efficaces, et en attente d’une explication scientifique. »
Bernard François, professeur émérite de médecine, Université Claude Bernard, 2014 [4]
Le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes #
Le message de Lourdes #
En écrivant cet article, j’ai prié sainte Bernadette pour qu’elle m’aide. J’ai senti dans mon cœur que pour conclure, je devrais vous dire le sens de tout ceci. Notre-Dame de Lourdes a demandé à Bernadette, il y a toutes ces années, d’avoir la grâce de venir à la grotte pendant 15 jours. Elle nous demande aussi, aujourd’hui, de mettre du temps de côté pour venir à elle.
Le message de Lourdes est un message de repentance. En venant à Marie, elle nous enseignera de nouveau le chemin de la prière et de la sainteté. Elle nous conduira à son Fils, Jésus.
Sources : #
1. McEachern, P.A., 2010. A Holy Life: The Writings of St. Bernadette. Ignatius Press. ↑
2. Fletcher, A.H.S., 1958. Lourdes, 1858 to 1957. Central African Journal of Medicine, 4(10), pp.446-450. ↑
3. Dowling, S.J., 1984. Lourdes cures and their medical assessment. Journal of the Royal Society of Medicine, 77(8), pp.634-638. ↑
4. François, B., Sternberg, E.M. and Fee, E., 2014. The Lourdes medical cures revisited. Journal of the history of medicine and allied sciences, 69(1), pp.135-162. ↑
